Le Porte-Voix : Journal de mandat automne 2018

Dans ce troisième numéro du Porte-Voix, retour sur les 6 derniers mois de travail à l’Assemblée nationale et en circonscription :

  • Un édito sur le poids des lobbys au Gouvernement
  • Une présentation des travaux de la commission d’enquête parlementaire sur la Malbouffe.
  • Mon travail aux côtés des associations locales pour une augmentation des moyens alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes.
  • Défense du cadre de vie dans la circonscription : le projet BAHIA menace l’accès égal aux soins et les conditions de vie des riverains de la route de Toulouse.

 

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Vivre dans sa voiture, travailleurs pauvres, ce que le gouvernement ne veut pas voir

Depuis le début de mon mandat il y a un peu plus d’un an, j’ai rencontré des associations de solidarité et des personnes dans des situations de précarités extrêmes dans la métropole Bordelaise. Le constat est alarmant, et les mauvaises nouvelles ne font que s’enchaîner. Le gouvernement délaisse ces personnes pendant qu’il fait des cadeaux au CAC40 et à ces actionnaires. Voici ce que j’ai vu et ce qu’on propose.

“Si on augmente d’un euro le prix du repas pour le passer à deux euros, nos bénéficiaires ne pourront plus se le payer”.

Je suis encore choqué en repensant à cette phrase. C’est Madame Hanifa Mzizoua qui m’alerte ainsi sur la grande précarité qu’elle rencontre dans son association.

Logée rue Kléber, en plein quartier Saint Michel, Graine de Solidarité vient en aide toutes les semaines à des familles et des personnes seules. Madame Mzizoua, la présidente, observe une hausse de la demande, malgré la gentrification du quartier.

A l’euro près

L’association apporte une aide alimentaire sous la forme de colis distribués le jeudi soir, de barquette de “couscous de l’amitié”  distribué pour 1€ aux Capucins et de repas conviviaux. Mais ce n’est pas que cela. Car bien souvent précarité rime avec exclusion sociale, Graine de Solidarité propose aussi des cours de langues française et arabes pour permettre une meilleure intégration d’une part et une découverte de l’autre d’autre part.

Présentation des Restos du cœur dans le réfectoire de l’accueil de jour près de la place Ravezies

Cette intégration par la langue, je l’ai aussi vue lorsque je suis allé visiter l’accueil de jour des Restos du Coeur. Cette association, bien connue pour sa distribution de repas et de colis alimentaires, aide également les bénéficiaires à s’intégrer.  Les bénévoles des Restos donnent des cours d’alphabétisation aux bénéficiaires qui ne parlent pas bien français, voire ne le parle pas du tout. Une gageur ! Les Restos du cœur c’est aussi un accès à des douches pour les plus démunis.

“J’habite dans ma voiture”

Les douches, cela n’est pas anecdotique. Un week-end du mois dernier, à Bègles, je rencontrais là aussi des personnes dans des situations extrêmes. Un jeune quadragénaire, travailleur handicapé, m’a expliqué sa situation :

“J’habite dans ma voiture, elle n’a plus d’essence ni d’assurance, mais je n’ai nulle part d’autre où aller. Pour me laver, je me lave avec un bidon d’eau derrière la voiture. On est plusieurs à faire comme ça.”

Et il m’indique les trois autres véhicules dans la même rue qui servent de logement à d’autres travailleurs pauvre comme lui…

A Bègles, un travailleur qui vit dans sa voiture m’explique son quotidien

En effet, comment se loger à un prix accessible quand 14 communes de la Métropole bordelaise ne respectent pas les quotas de logements sociaux? Quand le temps d’attente à un logement social est régulièrement de 36 mois? Quand le parc privé connait une envolée des prix relevant plus de la bulle immobilière que de la valeur réelle de la maison? Et quand les prix de loyer ne cesse d’augmenter?

Et que pendant ce temps là les revenus des ménages baissent….

Depuis, nous avons eu de bonnes nouvelles de ce travailleur, qui, avec l’appui du Groupe d’Action des Radis des Bèglais insoumis et l’aide de son employeur a enfin pu accéder à un appart’hotel.

Travailleurs, mais pauvres

En juin dernier c’était une travailleuse handicapée qui m’interpellait sur son cas : le versement de sa prime d’activité était suspendu par la CAF. Cela n’était pas anecdotique pour elle. Cette dame, seule avec sa fille jeune majeure qui était encore au lycée, voyait ses revenus passer de 900€ par mois à 600€ par mois…

Depuis, le gouvernement a décidé “au regard des conséquences de cette mesure sur le pouvoir d’achat de ces travailleurs” de revenir sur sa décision et de verser les primes manquantes depuis la suppression de cette aide en juin “. Sauf que le gouvernement prévoit tout simplement de sortir les revenus de pensions d’invalidité et d’accident du travail pour le calcul de cette prime. Retour à la case départ.

En compagnie de Marie Duret-Pujol et Tiphaine Maurin et une partie de l’équipe du secours populaire, cours de la Somme à Bordeaux.

Il est complètement malhonnête de la part du gouvernement de faire croire qu’il “fait le choix du travail” alors qu’il prévoit de supprimer la prime d’activité à près de 300 000 personnes qui auraient pu en faire la demande !

Les coupes budgétaires pour les plus pauvres

Et même avec un travail, certaines personnes ont un revenu si faible qu’elles sont obligées de demander de l’aide à des associations. Les bénévoles du Secours Populaire Français de Bordeaux m’ont malheureusement décrit ces cas, lors de ma visite avec ma suppléante Tiphaine Maurin et la candidate FI pour les européennes Marie Duret-Pujol.

A Bordeaux, dans leur local du cours de la Somme, les bénévoles et salarié.e.s du Secours Populaire accueillent en moyenne 35 foyers (famille, couple, personne seule) par après-midi. Cela fait autour de 1000 personnes qui sont aidées chaque mois. Le Secours Populaire propose des vêtements, des aides financières pour les factures, des accompagnements pour les vacances, et bien sur, une aide alimentaire via des colis que les bénéficiaires composent.

L’aide alimentaire au Secours Populaire Français cours de la Somme à Bordeaux

 

Ces colis sont constitués de moitié de produits achetés avec le Fond Européen d’Aides aux plus Démunis (FEAD). L’autre moitié provient des “ramasses” c’est à dire des invendus que les magasins donnent au Secours populaire et des “collectes” de dons auprès des particuliers à la sortie des magasins.

Or, la commission européenne prévoit de supprimer la moitié des dotations du FEAD pour le budget 2021-2027. Ces économies de bouts de chandelle, sur le dos des personnes dans une précarité extrême est intolérable. Pourtant, la France, Membre de la commission européenne, n’a pour l’instant pas exigé le maintient de ces fonds tels qu’ils sont actuellement.

A cela s’ajoute que le projet de loi finance 2019 qui sert à établir le budget de l’État pour l’année qui vient est un budget de casse sociale. En ce moment débattu et voté à l’Assemblée nationale par les député.e.s de La République en Marche : désindexation des pensions de retraite, des prestations familiales et des allocations logement. Mais dans quel monde vivent-ils? Je ne comprends pas de tels choix de la part de député.e.s qui pourtant, tout comme moi vont également visiter les locaux des associations caritatives. Sont-ils à ce point cyniques? Ne font-il pas le lien entre pauvreté et baisse de revenus??

 

Nos propositions

 

Parce que la groupe parlementaire de la France insoumise est véritablement une force de proposition nous avons travaillé sur un contre-budget que je vous invite à lire. Dans ce contre-buget nous nous attaquons aux niches fiscales

“qui nous coutent un pognon de dingue”

comme les dispositif Scellier et Pinel par exemple. Nous rétablissons l’ISF et nous créons une TVA grand luxe sur le caviar et les yatchs.

Et nous nous attelons à proposer des solutions pour sortir nos concitoyen.ne.s de la pauvreté. Cela passe par sortir les travailleurs de la pauvreté en revalorisant le SMIC. Pour les personnes qui ont besoin de remettre le pied à l’étrier, nous proposons de rétablir les 380 000 contrats aidés, qui ne sont certes pas la panacée, mais qui permettaient d’accompagner les chômeurs vers l’emploi avec au bout un CDI à la clé. Nous augmenterons également la prime d’activité.

Pour les jeunes qui étudient nous proposons une allocation d’autonomie de 800 euros par mois sous condition de ressources des parents. Et pour ceux qui galèrent à trouver leur premier emploi, nous les orienterons vers l’un des 88.000 contrats jeunes qui sera créé.

Pour celles et ceux qui sont éloigné.e.s de l’emploi, ne reviendront les baisse de l’allocation adulte
handicapé, nous augmenterons le minimum vieillesse ainsi que le RSA.

Enfin, pour les situations de précarité extrême nous prévoyons l’ouverture de 38.000 place supplémentaire d’hébergement pour les sans-abris dans des centres de réinsertions.

Du côté du logement nous prévoyons une politique volontariste avec la création de 15 000 logements étudiants et la construction de logements publics portées à 200 000.

On ne lâchera rien…

 

Sortons nos enfants de la malbouffe!

Je serai à la réunion publique sur la malbouffe organisée par La Clé Des Ondes ce jeudi 15 novembre en compagnie de Cantine Sans Plastique France, la Fcpe Gironde, un responsable du groupement de commande pour les cantines des collèges et des lycées autour du thème: Sortons nos enfants de la malbouffe.

Je présenterai mes propositions tirées de la commission d’enquête sur l’alimentation industrielle que j’ai présidée.

Nous vous attendons nombreux et nombreuses au Marché des Douves (Halle des Douves) à 19h30 pour discuter des solutions pour sortir nos enfants de la malbouffe!

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