Déploiement de la 5G : une multiplication des ondes au mépris du principe de précaution

La 5ème génération de standards pour la téléphonie mobile, ou 5G, est promise pour 2020 en France. Plusieurs villes servent déjà de test pour le déploiement. Au delà des progrès technologiques vantés par ses promoteurs (mille fois plus de données transmises et un débit cent fois supérieur à la 4G) son déploiement entraîne des risques sanitaires et environnementaux.

La 5G : Un Fantasme technologique.

La 5G ouvre la voie au téléchargement éclair, aux voitures autonomes, aux villes intelligentes et à la multiplication des objets connectés, le rêve de la start up nation !

Elle se met au service d’un fantasme technologique qui vise à multiplier les données produites, à les croiser dans des algorithmes au service de la gouvernance de “smart cities” et de “safe cities”1. Votre bonheur quotidien nécessite-t-il réellement que votre frigo vous envoie un sms quand il est vide pour ensuite guider votre voiture vers le supermarché le plus proche ?

Nous n’en sommes par encore là, mais des milliards d’euros sont investis par les opérateurs pour être les premiers sur le marché et la commission européenne vient elle même de mettre 700 millions d’euros sur la table.

Cette multiplication des données pose également la question de leur sécurisation, de la protection de la vie privée… mais aussi d’enjeux géopolitiques importants car le plus avancé sur le déploiement de la 5G c’est Huawei géant chinois de la téléphonie mobile qui a été écarté du marché européen pour soupçons d’espionnage…

Des risques sanitaires au mépris du principe de précaution

De l’aveu même des représentants d’Orange auditionnés par le groupe d’études numériques du Sénat en juillet 2018, pour assurer le déploiement de la 5G il faudra adapter 25.000 antennes et en installer 5.000 nouvelles. Ces antennes pourront se greffer sur les toits d’immeuble, les trotoirs mais aussi les panneaux publicitaires des abribus par exemple.

Plusieurs villes de France servent de test au déploiement de la 5G qui conduira à une augmentation massive de l’exposition de la population aux ondes alors que ces dernières sont classées comme “cancérogènes possibles” par le centre international de recherche sur le cancer de l’OMS depuis 2011. En juillet 2016, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) estimait que ces “ondes ont des effets possibles sur les fonctions cognitives et le bien être des plus jeunes”. Plus récemment, 170 scientifiques venant de 37 pays ont alertés sur les conséquences de ces ondes sur la santé humaine et demandent un moratoire sur le développement de la 5G.

Aucune étude scientifique n’a démontré l’innocuité de ces ondes sur la santé humaine et aucune étude épidémiologique n’a été menée faute d’expérimentation à grande échelle. Le principe de précaution, inscrit dans la loi européenne, veut pourtant que le producteur d’une nouvelle technologie prouve son absence de danger avant de la commercialiser. Or, à l’heure actuelle, l’expérimentation va se faire en temps réel sur les populations mais aussi sur l’environnement. Nous sommes des cobayes.

Un désastre environnemental

En mars 2019 des médecins, scientifiques, membres d’organisations environnementales et citoyens de 168 pays, demandaient urgemment l’arrêt du déploiement du réseau sans fil de 5G au motif que cette sur-exposition aux ondes électromagnétique entraînera “un changement environnemental sans précédent à l’échelle planétaire”1. Plusieurs études ont déjà démontré la dangerosité des rayonnements radiofréquence pour le monde animal et végétal.

En plus des risques de l’exposition pour la biodiversité, la multiplication des données liée à l’arrivée de la 5G (2 exaoctets de datas ont été échangés chaque mois dans le monde en 2017, soit une hausse de 63 % par rapport à 20162) stockées dans les datas centers ultragourmands en énergie, prend une grande part dans le réchauffement climatique.

Et au delà de l’aspect énergétique se pose la question de l’obsolescence programmées des 75 milliards d’objets connectés annoncés en 2025. Qu’allons nous en faire quand ils seront en fin de vie ? Cette logique de l’accumulation sans fin, la 5G l’incarne à merveille : il faut toujours tout remplacer pour avoir des objets connectés plus performants. Face à l’urgence écologique cette logique de la sur-consommation est mortifère. En plus d’être inutile à notre bonheur.

Résister

Dans plusieurs villes de France des collectifs se mobilisent contre la construction d’antennes liées au déploiement de la 5G, et au vu du nombre de nouvelles antennes annoncées les luttes vont se multiplier.

Si vous êtes confrontés à la construction d’une nouvelle antenne près de chez vous, à côté de personnes vulnérables (écoles, hôpitaux…) ou dans une zone sensible vous pouvez vous rendre en mairie et demander à consulter le dossier d’information. Vous pouvez demander l’annulation de l’autorisation d’urbanisme en écrivant à la Préfecture dans les 2 mois suivant l’affichage de l’autorisation sur le lieu de l’implantation et déposer un recours contentieux devant le tribunal administratif.

Le ou la maire de la commune peut également, avant de donner son autorisation, demander une étude d’impact auprès de la Préfecture etune simulation de l’exposition aux champs électromagnétiques pour s’assurer qu’elle respecte les normes fixées par l’Agence Nationale des Fréquences (ANFR).

Pour ma part j’ai déposé auprès de Mme Borne, ministre de la Transition Ecologique et Solidaire, une question écrite relative aux risques sanitaires du déploiement de la 5G : http://questions.assemblee-nationale.fr/q15/15-22631QE.htm

Les enjeux de santé environnementale sont trop importants pour laisser aux seuls industriels produire une expertise orientée pour servir des intérêts financiers planétaires.

Pour aller plus loin :

L’enquête de Basta Mag : https://www.bastamag.net/Big-data-multiplication-des-antennes-et-des-ondes-bienvenue-dans-le-monde

L’enquête de Reporterre : https://reporterre.net/5G-la-grande-enquete

1https://www.monde-diplomatique.fr/2019/06/TREGUER/59986

1https://reporterre.net/Pour-une-planete-viable-arretons-la-5G

2Selon un rapport publié par Cisco, une entreprise étasunienne spécialisée dans les réseaux informatiques et les serveurs.

Réunion citoyenne pour sauver notre hôpital public !

A la suite de l’avis défavorable rendu par l’enquête publique dans le cadre du projet BAHIA, les citoyens, riverains et associations se réuniront en présence du député Loïc Prud’homme le jeudi 12 septembre salle Langevin à Bègles afin de poursuivre leurs actions.

L’enquête publique a largement dénoncé les travers d’un dossier qui est loin de servir l’intérêt général : opacité délibérée du dossier, montages financiers hasardeux, absence d’argument en faveur de l’implantation sur le site de Bagatelle sans parler des difficultés de circulation engendrées sur la route de Toulouse et de l’impact des chantiers et projets immobiliers pour les riverains.

Plus de 10 000 personnes se sont déjà exprimées contre ce projet et leur parole doit être entendue soyons nombreux pour pérenniser un service hospitalier public permettant de couvrir les besoins sanitaires de tout le secteur !

Protégeons les riverains contre les pesticides !

Et de 30 !

Plus d’une trentaine de maires ont signé des arrêtés similaires à celui du maire de Langouët, attaqué par l’État. Face à l’irresponsabilité du Gouvernement la résistance s’organise pour protéger la population des ravages des produits phytosanitaires les plus dangereux.

La loi devrait permettre à ces maires de protéger les riverains contre les appétits mortifères de Bayer-Monsanto, c’est le sens de la proposition de loi que j’ai déposé devant l’Assemblée Nationale il y a plusieurs mois déjà. Elle vise à instaurer une zone tampon de 200 mètres où seront interdit les produits cancérigènes-mutagènes-reprotoxiques et les perturbateurs endocriniens. Je la tiens à disposition de notre ministre de la transition écologique si elle est en panne d’inspiration.

Alors qu’un nouvel arrêté visant à protéger les riverains est en cours d’écriture au Ministère de l’Agriculture, accentuons notre pression car nos vies valent plus que leurs profits ! ✊

Pour cela j’invite tous les maires insoumis.es de Gironde à prendre le même type d’arrêté, de St Yzan à Loupiac. Les citoyen.nes peuvent aussi interpeller directement leur maire dont le premier devoir est de protéger la santé de ses administrés afin qu’il prenne cette initiative. Vous trouverez ci-dessous tout les éléments vous permettant d’écrire à votre maire. A vos stylos ou claviers !

LettreType_Riverains

➡ La proposition de loi : http://www.assemblee-nationale.fr/…/propositio…/pion1069.asp
➡ Ma question écrite à Mme Borne :

” Monsieur Loïc Prud’homme attire l’attention de Mme la Ministre de la transition écologique sur le projet d’arrêté relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires. Le 26 juin 2019, l’arrêté relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires (arrêté 4 mai 2017) a été suspendu par le Conseil d’État au motif que celui-ci « ne prévoit pas de dispositions destinées à protéger les riverains des zones traitées ».

Un nouvel arrêté est donc en cours de réécriture et doit nécessairement être plus protecteur pour les riverains et bâtiments publics situés à proximité des parcelles cultivées, c’est d’ailleurs le sens des propos tenus le mardi 27 août par Mme la Ministre sur l’antenne de France Inter.

Alors que les études se multiplient prouvant le degré de contamination de la population aux produits phytosanitaires les plus dangeureux, de nombreux maires de communes sur tout le territoire multiplient les arrêtés pour garantir une zone tampon autour des habitations et lieux de vie. Ils emboîtent en cela le pas aux associations qui depuis plusieurs années préconisent une zone de 200 mètres où serait interdite la pulvérisation des produits cancérigènes-mutagènes-reprotoxiques (règlement CE n°1272/2008) et les perturbateurs endocriniens (règlement CE n°1107/2009). C’est également l’objet d’une proposition de loi déposé par le député Loïc Prud’homme en juin 2018 et à disposition sur le site de l’Assemblée Nationale.

Face à cette demande sociétale sans précédent et aux preuves accumulées de la nocivité des produits phytosanitaires sur la santé humaine il lui demande quelles mesures sont prévues dans le futur arrêté pour garantir la sécurité et la santé de milliers de riverains exposés aux substances CMR (cancérigènes, Mutagènes et Reprotoxiques) et PE (Perturbateurs endocriniens).”

Une rentrée sans toit, nouvel épisode

La rentrée scolaire et universitaire s’amorce dans la métropole bordelaise et une nouvelle fois, les titres de la presse locale et nationale relayent un sujet devenu quotidien : les difficultés à se loger pour les nouveaux arrivants avec en tête, les étudiant.e.s. Il est temps de dire que la situation a bien trop duré et que des politiques de logement en faveur des plus vulnérables sont nécessaires et urgentes à Bordeaux et dans l’ensemble de la Métropole.

Les loyers flambent, pas les moyens des étudiant.e.s

Cette année, le montant du loyer d’un logement de petite surface a augmenté de plus de 10 % et le nombre de locations disponibles au CROUS ne dépasse pas les 10 500. Si le calcul est fait, le CROUS ne peut actuellement accueillir que 10 % des étudiant.e.s de la métropole dans ses infrastructures ! Dans un contexte de crise accrue des logements dans la capitale girondine, il est irresponsable que des moyens supplémentaires n’aient pas été débloqués pour subvenir à l’arrivée toujours plus massive d’étudiant.e.s, d’une part par l’État mais aussi, par les collectivités.

De plus, les bourses et revenus alloués aux étudiant.e.s n’ont, eux, pas augmenté malgré des postes de dépenses qui grimpent chaque année toujours plus. En France, un jeune sur 5 vit sous le seuil de pauvreté selon l’INSEE, c’est-à-dire avec moins de 967€ par mois. Alors que les établissements d’enseignement supérieur se concentrent dans les métropoles, le coût de la vie se trouve être bien plus élevé dans les zones urbaines et péri-urbaines que rurales. Un énième paramètre oublié dans le calcul des dépenses des jeunes générations !

Si le prix des loyers a augmenté, la disponibilité de ces derniers est épinglée. De 2017 à 2018, ce sont – 34 % de locations disponibles recensées par le syndicat Unis (Union des Syndicats de l’Immobilier) dans la ville de Bordeaux. De fait, comme l’évoque les nombreux articles sur le sujet, les temps de recherche pour les étudiant.e.s et leurs parents s’allongent et se compliquent. Pour celles et ceux ne disposant de garants assez « solides » pour les propriétaires du secteur privé, c’est la rentrée et la poursuite d’étude qui est remise en question, faute d’habitation. Face à des garants disposant de salaires pouvant couvrir 3 à 4 fois le montant d’un loyer, les candidat.e.s disposant d’une caution solidaire ou même de la caution solidaire du dispositif Visale (caution solidaire de l’État) ne passent que très peu voire jamais l’étape de la signature de bail. Encore une fois, les jeunes issus des milieux modestes se voient dans l’obligation de changer leur projet d’avenir en cours de route. Traverser la rue ne suffit plus.

Des moyens insuffisants et l’encadrement des loyers inexistant

Face à l’engorgement visible de la ville quant à ses disponibilités en locations et logements sociaux, le désengagement de l’État et des collectivités doit être mis en lumière ! Depuis de nombreuses années, les fonds alloués au CROUS de Bordeaux et au CNOUS n’ont pas augmenté suffisamment pour permettre la création de nombreux logements afin de répondre aux arrivées toujours plus nombreuses. Les bourses d’études allouées elles aussi par les CROUS n’ont pas été revalorisé : au maximum, un.e étudiant.e peut percevoir jusqu’à 550 € par mois, l’équivalent du loyer moyen à Bordeaux pour une petite surface … La mairie de Bordeaux a quant à elle, en 2017 puis en juillet 2019, refusé la mise en place de l’encadrement des loyers, encadrement rendu possible par la loi ALUR en 2014 puis la loi ELAN en 2018. L’accès aux logements sociaux est lui aussi difficile compte tenu des milliers de demandes émises dans la métropole girondine.

Les collectivités et l’État ne peuvent plus se décharger de missions qui sont les siennes : accueillir dignement les jeunes souhaitant se former à l’université, en BTS ou en classe préparatoire sans que cela rime avec une extrême précarité. Le manque de volonté politique cause des situations de renoncement : l’encadrement des loyers, la construction de milliers de logements CROUS, la mise en place d’une allocation d’autonomie, la régulation drastique des locations AirBnB dans Bordeaux ou encore la réquisition des logements vacants sont des mesures d’urgence à appliquer sans conditions. La précarité et le mal-logement ne peuvent plus se retrouver au calendrier de la rentrée de milliers de jeunes.

Sources :

http://observatoire-airbnb.fr/nouvelle-aquitaine/bordeaux

https://rue89bordeaux.com/2018/06/22-473-logements-vides-a-bordeaux-metropole/

http://unef.fr/wp-content/uploads/2019/08/Dossier-panier-social-3.pdf

https://www.unis-immo.fr/system/files/2018-07/CP_UNIS_LOCATION_2018.pdf

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/08/31/precarite-pres-de-20-des-etudiants-vivent-en-dessous-du-seuil-de-pauvrete_5178834_4355770.html