"Là où s'abat le Découragement s'élève la victoire des Persévérants"
Thomas Sankara 1949-1987

Veralia: les licenciements pour gaver les actionnaires, ça suffit!

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 28/11/2020

J'étais présent vendredi 27 novembre à Cognac pour rencontrer les salarié.e.s en grève de VERALLIA

Les 80 salarié.e.s de l'usine qui fabrique des contenants en verre depuis 1963 dans le Cognacais ont commencé à recevoir cette semaine leurs lettres de licenciement. La direction qui a entamé à marche forcée une restructuration du site est responsable du désespoir qui a poussé un salarié a tenté de mettre fin à ses jours.

A t-on affaire à une entreprise en faillite? Pas du tout, 100 millions de dividendes ont été versés aux actionnaires cette année, le fond vautour APPOLO propriétaire de VERALLIA a tellement d'argent qu'il se sent obligé de les cacher dans les paradis fiscaux: 559 millions d'euros se seraient envolés via des pratiques d'évasions fiscale illégales.

Pourtant, la fabrique des contenants en verre répond à une vraie demande tournée vers la transition écologique, c'est aussi un enjeu de souveraineté économique, nombre de producteurs de vins sont dépendants de l'étranger pour la fabrication des bouteilles.Loïc Prud'homme sera vendredi midi sur place pour soutenir les salarié.e.s et porter leur demande : la suspension sans délai du plan de restructuration et des licenciements prévus!

Des enseignants en plus pour une meilleure école!

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 08/10/2020

Plus d’élèves, moins de profs et une gestion catastrophique de la crise sanitaire: la discontinuité pédagogique continue

Cette rentrée 2020, que beaucoup appréhendaient, au vu du contexte sanitaire et des cafouillages de ces derniers mois concernant les directives données par le Ministère de l’Education Nationale, a pointé les négligences de ce gouvernement pour l’éducation de nos enfants. J’ai été contactés par plusieurs syndicats de professeurs nous alertant de la situation de l’enseignement secondaire et primaire dans l’Académie de Bordeaux. Ce constat peut être généralisé à l’ensemble du territoire. J’ai donc décidé d’interpeller Jean-Michel Blanquer par l’intermédiaire d’une question écrite sur la faiblesse de ses propositions dans son projet de loi finances 2021, et de lui rappeler au passage la réalité et la gravité de la situation des élèves et des professeurs en cette rentrée.

Un manque criant de personnel enseignant

Dans une grande majorité des académies de France, malgré une démographie croissante, le nombre de nouveaux recrutements est en nombre insuffisant au vu du besoin. Par exemple, dans l'Académie de Bordeaux, pour un besoin de 500 nouveaux postes, seuls 70 ont été ouverts. La stratégie actuelle d'ajout d'heures supplémentaires aux professeurs en poste plutôt que le recrutement de nouveaux n'est pas tenable, le projet de loi finances 2021 prend pourtant cette direction. Ce même projet de loi indique que “l’Etat investit plus que jamais dans le sport” mais la base du sport, l'Éducation Physique et Sportive est la grande oubliée des mesures, la situation est très critique: il manque de nombreux postes dans cette discipline clé pour le bon développement de notre jeunesse malgré un nombre de candidats au CAPES toujours plus élevé. A ce manque de professeurs, clé de voûte de l'Education Nationale, s'ajoute les difficultés liées à la réforme du bac mise en place au lycée. En raison de la suppression des filières et de leur remplacement par des groupes d'options, l’organisation des nouveaux emplois du temps aggrave la pénurie car elle est faite sans renforcement ni des effectifs de professeurs, ni des moyens pédagogiques. Les conditions de travail du personnel enseignant et des élèves en sont fortement impactées. Ce même projet de loi de finances 2021 oublie très largement l'enseignement secondaire et les fonds accordés au primaire sont loin d’être suffisants. Enfin, le potentiel de remplacement est par ailleurs épuisé dans de nombreuses académies dans le primaire comme dans le secondaire. Des classes se retrouvent parfois plusieurs semaines sans professeurs, dont l'absence croît pourtant avec la pandémie de COVID 19.

La gestion catastrophique de la crise de COVID-19 dans les établissements scolaires

En ce qui concerne plus spécifiquement les mesures prises à la suite de la situation inédite à laquelle nous faisons fasse en raison de l’épidémie de Covid 19, de graves dysfonctionnements pénalisent les enseignants et les élèves. Outre le manque d'applicabilité au terrain dans les directives communiquées aux enseignants il y a un manque criant de moyens octroyés pour cette situation exceptionnelle. D’un point de vue de l’hygiène, le gel hydroalcoolique ne faisant pas parti du protocole mis en place par le ministère de l’éducation Nationale, il n’est pas présent dans les établissements, où le lavage des mains est préconisé sans toutefois s’assurer que le savon et les sanitaires sont disponibles en quantité suffisante. Dans l'enseignement secondaire le volume d'horaires supplémentaires qui a été accordé est ridicule rapporté au nombre d'élèves : cela revient à accorder une petite dizaine de minutes à chacun d'entre eux pour compenser des mois de discontinuité pédagogique. Le double système d'enseignement distanciel / présentiel mis en place à ce jour représente une double charge de travail pour les professeurs qui demandent le recrutement d'enseignants supplémentaires pour gérer les cours en distanciel. Dans l'enseignement primaire, le test de positionnement semble totalement déconnecté du niveau des élèves et des réalités qu'ils ont vécues et de ce qu'ils ont pu apprendre durant le confinement. De plus, aucun temps supplémentaire n'a été accordé aux enseignants pour leur permettre de faire face à cette situation inédite qui a remis en cause toute leur manière d'enseigner.

Devant l'ampleur de la dégradation de l'enseignement primaire et secondaire en France ces derniers mois nous lui demandons d'augmenter en conséquence les moyens humains et financiers pour que les professeurs soient en mesure de faire leur travail dans des conditions décentes et que les élèves puissent recevoir un enseignement digne de ce nom.

Retrouver ma question écrite sur le site de l'Assemblée nationale.

A votre rencontre en septembre

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 01/09/2020

Je serai près de chez vous

Talence et Villenave d'Ornon

mercredi 2 septembre à Talence Marché à Forum 10h-12h

vendredi 4 septembre à Villenave d'Ornon Quartier du Bocage 17h-19h

samedi 5 septembre à Villenave d'Ornon Sarcignan 10h-12h

dimanche 6 septembre à Villenave d'Ornon Lidl de Chambéry 10h-12h

Bègles et Bordeaux

mercredi 9 septembre à Bègles Marché du Cours Victor Hugo 10h-12h

vendredi 11 septembre à Bordeaux Place Ferdinand Buisson 15h30-17h30

dimanche 13 septembre à Bordeaux aux Capu 10h-12h

A la permanence parlementaire 281 route de Toulouse

Sur RDV avec mon équipe Téléphone 05.57.93.51.42

SDHI : les pesticides poisons qu’il faut interdire !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 17/09/2019

L’utilisation à grande échelle des pesticides SDHI présente de grands risques pour la santé humaine. L’agence publique censée protéger l’environnement et la santé devrait appliquer le principe de précaution ET interdire ces pesticides mais les pouvoirs publics s’en remettent aux multinationales qui produisent à la fois les molécules et les études censées les évaluer ! Suivant les alertes récurrentes de scientifiques reconnus, je demande leur interdiction ! Retrouvez mon intervention ce 17 septembre à l’Assemblée !

Par ailleurs, comme la loi l’y oblige, le gouvernement a ouvert une consultation publique sur son projet d’arrêté relatif à l’utilisation des pesticides près des habitations.

Le gouvernement propose 10 mètres seulement de zone sans traitement par des pesticides les plus dangereux (Cancérogènes, Mutagènes ou Reprotoxiques [CMR] ou Perturbateurs Endocriniens [PE]).

C’est bien trop faible. Faisons entendre notre voix !

Quand Blanquer veut faire cesser toute contestation, nous disons non!

Loïc Prud'homme 27/11/2020
Près de chez vous

Le vendredi 27 novembre dans la matinée j'ai rejoins le comité de soutien des 3 enseignants du lycée Mauriac devant le rectorat.

Ces trois enseignants étaient sanctionnés par leur hiérarchie pour avoir osé s'opposer à la réforme du Bac de Blanquer, un bac inéquitable sous forme de contrôle continu (E3C). Je ne peux pas accepter cette tentative d'intimidation du gouvernement pour faire taire toutes contestations. Monsieur Blanquer, votre syndicat crée de toute pièce dans les bureaux du ministère est il le seul à pouvoir encore s’exprimer ?! Vos agissements dépassent les bornes de la démocratie et rejoint tout à fait les manigances de Vidal dans sa loi de programmation de la recherche qui va sanctionner les étudiants avec de la prison pour occupation d'amphi et Darmanin et son article 24 de la loi "sécurité globale" qui veut empêcher que les citoyens filment des policiers (alors que même la Chine l'autorise!).

Les dérives de ce gouvernement sont extrêmement graves: il cherche a faire taire toutes contradictions. C'est une attitude totalement anti-démocratique. La démocratie c'est le débat, la possibilité de faire part de son opposition sans finir avec une rétrogradation pour les fonctionnaires ou une peine de prison.

Monsieur Macron, quelle sera votre prochaine étape dans vos attaques contre toutes formes d'opposition?

Loi sécurité globale ou la dérive securitaire

Loïc Prud'homme 21/11/2020
Assemblée nationale

crédit photo reporterre.net

Mardi 17 novembre dernier en début de soirée j’étais aux côtés des manifestants contre la proposition de loi déposée par Agir et La République en Marche (et plus particulièrement par l’ancien patron du Raid Jean-Michel Fauvergue) dite “Loi sécurité globale”. Puis j'ai rejoins l’hémicycle de l'Assemblée nationale pour l'étude de ce même texte de 21h à 23h45 et le lendemain mercredi 18 novembre de 15h45 à 22h30, laissant mes collègues assurer la suite des débats (jusqu'à 2h du matin), ayant mon train à 6h30 le lendemain pour rentrer en circonscription

Des députés en manif et dans l'hémicycle, il faut au moins cela pour contrer cette loi sécuritaire. Cette proposition de loi nous inquiète beaucoup d’un point de vue de la conservation des libertés et de l’égalité des citoyens face aux forces de l’ordre. Le Gouvernement profite en effet d’une proposition de loi de la majorité pour y glisser des amendements aussi autoritaristes que dangereux, évitant alors soigneusement de remettre une étude d’impact comme les députés doivent le faire lorsqu’ils proposent une loi.

en manif avant d'entamer les débats dans l'hémicycle quelques heures plus tard.

Vers la fin du droit à documenter les actions des forces de l'ordre?

Ce qui semble d’emblée le plus problématique dans cette proposition de loi est l’article 24. >“Est puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, dans le but qu’il soit porté atteinte à son intégrité physique ou psychique, l’image du visage ou tout autre élément d’identification d’un fonctionnaire de la police nationale ou d’un militaire de la gendarmerie nationale lorsqu’il agit dans le cadre d’une opération de police.” Si le fait de filmer n’est pas textuellement interdit, car il contreviendrait au principe inscrit dans la Constitution (art 15) “La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration” dont les policiers font partie, cet article appel notre vigilance. L’interprétation très large qui peut être faite de l’article 24 reste un danger pour la liberté d’expression permettant notamment de documenter des pratiques irrégulières dissimulées par le Ministère de l’Intérieur. Il est aussi la porte ouverte à une dérive autoritaire qui à terme viseraient une interdiction totale de filmer. Cela est très inquiétant car nous savons tous à quel point même quand il y a à l’appui des vidéos, des messages audios, il est difficile pour les citoyens de faire valoir leur droit face à des actes violents. Empêcher de filmer c’est faire disparaître aux yeux du monde la répression parfois violentes et disproportionnées menées contre les étudiants, les manifestants, les gilets jaunes, les grévistes… Empêcher de filmer c’est faire passer encore un peu plus sous les radars des techniques odieuses qui mutilent et qui sont parfois fatales comme pour Cédric Chouviat arrêté le 3 janvier 2020 et décédé 2 jours plus tard. Ces mesures ont aussi pour objectif de restreindre le droit des journalistes et la liberté de la presse, piliers de la liberté d’expression dont nous avons tant parlé ces derniers temps.

La confusion des Polices

Une autre disposition du texte concerne les droits des policiers municipaux. Cette police a été à l’origine créée dans un but de proximité et de création de lien avec le terrain sur lequel elle agit - à chacun de juger si ce dernier a été accompli - et ne répond pas aux mêmes objectifs que la police nationale qui a d’ailleurs une formation différente. Confondre les deux semblent être une solution de dernier recours pour le Gouvernement qui ne cessent de faire des coupes budgétaires dans les fonctions les plus régaliennes de l’État et menant des politiques sécuritaristes précaires. Le résultat est celui que nous connaissons tous, la violence augmente et dire que les techniques de maintien de l’ordre sont inadaptées est un euphémisme. Le recours croissant aux agents privés suit cette même logique : engager à bas coût du personnel précarisé, mal formé pour exécuter sur le terrain avec la violence que nous connaissons la politique autoritaire du Gouvernement. Cette loi tend aussi à augmenter la confusion entre armée et police. L’armée n’a pas à surveiller les manifestants avec des drones, elle a ses propres prérogatives. Ce sont par ailleurs des dispositifs aussi inutiles que coûteux que le contribuable n’a pas à assumer. Confondre armées et police c’est aller vers un nivellement par le haut de la violence quotidienne et une banalisation de cette dernière

Une opposition massive à ce texte

Avec le groupe parlementaire de la France Insoumise nous rejetons bien entendu cette proposition de loi comme vous l’avez compris. Nous savons que nous ne sommes pas la seule opposition à ce texte. J'ai reçu des centaines (littéralement) de courriels dénonçant cette loi. L’autoritarisme s’installe peu à peu au sommet de l’État et Emmanuel Macron se sert de la situation sanitaire pour faire passer des lois aussi liberticides que dangereuses en urgence et en catimini.

Même en temps de crise -et surtout en temps de crise - la démocratie ne doit en aucun cas être mise en pause.

Permanence Parlementaire

Nous trouver
281 Route de Toulouse
33140, Villenave-d'Ornon
Nous téléphoner
Circonscription05 57 93 51 42
Assemblée Nationale01 40 63 71 19
Notre actualité TwitterNotre page FacebookNotre chaine Youtube

Pour une transition écologique populaire !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 10/04/2019

J’étais, en ce début du mois d’avril, à l’Assemblée Nationale pour défendre un autre modèle de transports, en phase avec la planification écologique. En effet, une politique de transports doit répondre aux besoins de l’ensemble de la population et ce , dans tous les territoires urbains, périurbains et ruraux. Elle doit également correspondre à des critères écologiques afin de remédier à la pollution constante du transports de marchandises par exemple.

La transition écologique sera populaire ou ne sera pas !

Retrouvez mon intervention en intégralité ci-dessous ⬇️

“Les casseurs on les connaît, ils sont au Gouvernement !”

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 19/03/2019

Pour un logement universel et durable !

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 06/11/2018

Notre projet : garantir le droit au logement digne !

A l’Assemblée nationale, je me bats pour éteindre la crise généralisée du logement, une crise qui nuit fortement aux conditions d’une vie digne. Le logement permet de fixer la base dans laquelle nous pouvons projeter l’ensemble des dimensions de notre vie, dans laquelle nous pouvons jouir de la santé et du bien-être tout en offrant un espace protégé dans lequel nos enfants s’épanouissent. Voici plusieurs intervention autour de cette lutte pour le droit au logement.

Appliquons le droit au logement plutôt que d’expulser !

J’avais dénoncé les intolérables expulsions avant la trêve hivernale en novembre 2017 et cela a malheureusement repris de la même manière cette année avec l’expulsion de Drita qui a travaillé bénévolement pour l’Etat pendant 4 ans et les expulsions massives de la cité Maurice Thorez de ces derniers jours.

En juin dernier, en plein débat sur les expulsions de squat je suis intervenu à la tribune de l’Assemblée nationale. J’avais rappelé que 2 000 personnes dorment dehors toute l’année dans les rues de Bordeaux alors qu’on recense 20 000 logements vides dans la Métropole. Il est d’abord urgent de faire appliquer le droit au logement plutôt que de faciliter les expulsions.

J’avais d’ailleurs formulé une question écrite à Gérard Collomb, alors Ministre de l’intérieur, sur les graves manquements à la loi et au respect des accords internationaux dans le traitement des personnes en demande d’asile ou de titre de séjour.

Les temps d’attente pour obtenir le récépissé excèdent dans la majorité des cas les 10 jours maximums prévus par la loi. Dans l’attente, les personnes restent sans ressource ni hébergement. Elles rejoignent la centaine de familles qui dorment aujourd’hui dans les rues de Bordeaux. pourtant l’article L. 345-2-2 du code de l’action sociale et des familles stipule que

« toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d’hébergement d’urgence »

L’État est donc hors-la-loi et les conséquences en sont dramatiques.

À Bordeaux, mais aussi Paris ou Calais, consigne est donnée aux forces de l’ordre de détruire les campements de fortune pour éviter toute reformation : tentes lacérées, affaires personnelles jetées, dans la plupart des cas sans aucune solution de relogement. L’État encore une fois, est hors-la-loi.

A ce jour, près d’un an après avoir posé ma question, je n’ai toujours pas reçu de réponse de la part du ministre de l’intérieur.

Menaces sur le mouvement HLM : pour une vraie politique du logement, juste, ambitieuse et solidaire

En janvier dernier, j’avais interpellé le gouvernement sur sa volonté de casser le mouvement HLM en lui retirant plus de 1,5 milliards d’euros.

Les conséquences catastrophiques de cette décision seront payées par les plus modestes : moins d’entretien, moins de rénovation, moins de construction de logements sociaux alors que le pays en a un besoin urgent. En Nouvelle-Aquitaine, 3500 logements ne seront pas construits et 6600 ne seront pas réalisés alors qu’ils auraient dû l’être cette année.

L’accord trouvé avec les seuls bailleurs privés, proches du MEDEF, vise à mettre en difficulté les offices publics pour les faire disparaître au profits de plus grandes structures privées au détriment des ménages les plus modestes et de la relation de proximité avec les habitants. Pour dénoncer cela, je suis intervenu dans l’hémicycle ainsi qu’avec une question écrite au gouvernement afin de dénoncer ces pratiques qui menacent directement le mouvement HLM. La encore, plusieurs mois après avoir posé ma question, je n’ai toujours pas de réponse.

Mobiliser le parc privé pour les besoins prioritaires

Il est nécessaire que la puissance publique régule fortement le parc privé. Ceci passe par l’encadrement des prix et des logements vacants, le tout s’inscrivant dans la lutte contre la spéculation immobilier. A ce sujet, je posais une question écrite au gouvernement concernant le développement problématique des plateformes de location de logements en ligne. En effet à Bordeaux, selon les derniers chiffres de l’Observatoire Airbnb, le nombre d’offres a augmenté de 62,5 % en 6 mois, de mars à septembre 2017.

Cette augmentation fait suite à une série de hausses tout aussi spectaculaires : + 200 % en 2014, + 100 % en 2015 et 2016. Sur les 150 000 logements que compte la ville de Bordeaux, 10 700 sont proposés sur la plateforme. Cela constitue une énorme pression à la hausse sur les loyers et participe à ce que Bordeaux soit devenue la deuxième ville la plus chère de France derrière Paris. Elle est aussi deuxième, juste derrière la capitale, pour le nombre de locations Airbnb. Les agences immobilières constatent d’ailleurs cette année une baisse de 10 % à 20 % de leur activité locative. Dans ces conditions, les premiers exposés sont les ménages les plus précaires. En effet, 7 biens sur 10 proposés sur Airbnb sont des petites surfaces, de type T1 ou T2, surtout recherchés par les étudiants, les jeunes travailleurs ou les parents isolés.

La ville de Bordeaux a annoncé sa volonté d’encadrer cette pratique et a dédié 4 agents au contrôle. Les 6 premiers mois ils n’ont évidemment pu contrôler que 298 logements. Les particuliers qui louent leur bien sur des plate-formes en ligne devront se déclarer auprès de la municipalité et ne pourront excéder 120 jours de location par an. Cette mesure est déjà en vigueur a Paris et n’a eu que très peu d’effets, puisque l’offre sur Airbnb y a augmenté de 53 % en 2017. J’ai donc demander au gouvernement quels mesures comptait-il prendre pour encadrer strictement cette pratique, empêcher que des investisseurs peu scrupuleux s’y consacrent et, plus généralement, enrayer l’explosion des loyers dans certaines grandes métropoles.

Mon combat contre les pratiques dangereuses d’Airbnb à l’Assemblée ne s’arrête pas là ! Parce que la garantie d’un logement digne passe par la nécessaire régulation du parc privé par la puissance publique, j’interrogeais le gouvernement en novembre 2017 sur l’incitation à la fraude fiscale exercé par la plateforme de location. En effet, l’opinion publique est au fait de ses stratégies « d’optimisation fiscale » ; la société n’a payé que 92,944 euros d’impôts en France en 2016 sur ses bénéfices.

Cette société ne se contente pas d’user de contournements pour éviter de participer aux dépenses de l’État via l’impôt. Elle organise la fraude fiscale des loueurs de biens en proposant de leur verser les montants des locations sur des cartes de crédits Mastercard émises depuis Gibraltar. Ces cartes ne sont pas traçables par l’administration fiscale française et l’argent qui s’y trouve échappe aux impôts. La fraude fiscale est un vol puni par la loi. Je lui demandais alors quelles mesures le gouvernement allait-il prendre pour faire cesser ces fraudes fiscales massives et ce qu’allait-il faire pour recouvrer les sommes non-perçues par l’État. En effet, la garantie d’un logement digne

Les étudiants doivent pouvoir se loger dignement !

La destruction de l’Université frappe durement les étudiants. En effet, la loi ORE marque le désengagement de l’état au profit d’une marchandisation du savoir et s’inscrit dans la continuité d’une politique de sous-investissement. Celle-ci se traduit par un service de bourse dégradé et un manque de logements étudiants décents. A ce sujet, j’interrogeais Mme la ministre de l’enseignement supérieur sur cette la pénurie de logements qui touche de plein fouet les étudiants. En effet, chaque année, près de 45 000 étudiants supplémentaires viennent grossir les effectifs de l’enseignement supérieur. Pour les absorber, il faudrait construire au moins une université tous les ans. Dans le même temps, l’offre de logements dédiés n’a pas suivie, tant en terme de rénovation qu’en terme de création. D’autant que le parc privé devient toujours plus inaccessible. Les dépenses de logement représentant déjà 53 % du budget d’un étudiant en moyenne, et bien plus dans plusieurs grandes métropoles. Dans ce contexte, la décision de baisser les aides au logement de 5 euros dès cette année, puis de 60 euros en 2018 n’aura pour seul effet qu’aggraver la situation. Un étudiant précaire est bien souvent un étudiant qui échoue dans ses études. C’est le futur du pays qui s’appauvrit matériellement et intellectuellement. À Bordeaux, de nombreux étudiants ne parviennent pas à se loger près d’un mois après la rentrée universitaire. De plus, les loyers pratiqués dans le parc privé augmentent à une vitesse vertigineuse sous l’effet de la pénurie et du développement des locations de type Airbnb.

Pour un logement accessible et de qualité

Deux millions de personnes sont forcées de vivre dans des logements de mauvaise qualité, privées de confort de base (sanitaire, chauffage, cuisine..). L problème de la précarité énergétique est très important : un ménage sur cinq déclare souffrir du froid dans son logement. Ces problèmes de qualité de logement ont des conséquences graves sur la santé. Pour protéger la santé des riverains et parce qu’il est urgent d’agir, j’ai déposé au bureau de l’assemblée nationale le 13 juin 2018 une proposition de loi protégeant la population des pesticides par l’instauration d’une zone tampon. Celle-ci s’inscrit dans cette logique de sécurisation de l’environnement du logement et de l’habitat. En effet, L’enquête HAPPI (Habitat : analyse de Pesticides dans les Poussières Intérieures) réalisée pour l’association Eva pour la vie et le Collectif Infos Médoc Pesticides a relevé la présence de pesticides Cancérogènes Mutagènes Reprotoxiques ainsi que de Perturbateurs Endocriniens dans la poussière prélevée dans une école primaire et des chambres d’enfants de villages viticoles du Médoc. Les habitations les plus contaminées sont celles qui sont le plus proche de la vigne. A l’inverse, les habitations près de vigne bio sont moins contaminées que les autres. Ainsi, la lutte pour la garantie d’un logement digne par aussi par le respect de l’environnement de ce dernier.

Enfin, avec la loi ELAN adoptée en dernière lecture à l’automne, le gouvernement a clairement confirmé la philosophie avec laquelle il souhaite diriger le pays. Celle-ci est à l’image de l’ensemble de la politique macroniste : dérégulation, privatisation et recul de la puissance publique. A ce titre, toutes les normes imposées par le législateur et qui garantissent des standards de confort, de qualité des logements construits son dans le collimateur. Je penses tout particulièrement aux personnes handicapées qui seront parmi les premières victimes de cette loi. En effet, le gouvernement a fait un immense recul en ce qui concerne l’accessibilité des logement à ces dernières : un article de cette loi réduit de 100 à 20 % la part de logements neufs accessibles aux personnes handicapées.

L’ensemble des ces situations renforces notre détermination dans la lutte pour un logement universel et durable !

Commission d’enquête sur l’alimentation industrielle (3 / 4) – Les acteurs citoyens : transparence, effet cocktail et gouvernance renforcée

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 11/09/2018

Le groupe parlementaire de la France insoumise a la possibilité d’initier la création d’une commission d’enquête une fois par session, par le biais de ce qui est appelé « droit de tirage. » Nous avons décidé de consacrer notre toute première commission d’enquête à la question de l’alimentation industrielle, sujet auquel personne ne peut échapper, avec une préoccupation constante : comment reprendre le pouvoir sur son assiette ? La présidence de cette commission revenant de droit à un-e insoumis-e, le groupe parlementaire FI m’a proposé cette fonction. J’ai donc la charge d’en mener les travaux qui déboucheront sur un rapport et des propositions concrètes à la fin du mois de septembre. En attendant, je me permets de vous en proposer un condensé en plusieurs parties.

Troisième volet pour tenter de tirer les enseignements des auditions des acteurs citoyens au sens large (ONG, associations, personnalités engagées…)

La question de l’alimentation et de la transition de notre modèle alimentaire, parce qu’elle touche directement notre quotidien en même temps qu’elle est éminemment politique, a été investie depuis un certain par les mouvements citoyens et ce qu’on appelle parfois avec inexactitude la « société civile. » C’est finalement le terrain parfait pour développer des réflexions propres aux mouvements alternatifs qui ont pour principales caractéristique d’articuler le global et le local. Les portes d’entrées diffèrent pourtant en fonction des acteurs : de la question de l’éducation et du patrimoine culturel à l’information (pour des initiatives privées) en passant par la santé publique et la sécurité alimentaire (pour des associations) ou par l’écologie et le modèle agricole (pour les grandes ONG). Preuve que le sujet embrasse un très large champ de thématiques, qui finissent irrémédiablement par s’entrecroiser une fois la spécialité de chacun dépassée.

Parlons d’abord des initiatives qui proviennent d’en bas, nées et menées à bien à hauteur de citoyen-ne-s, très souvent pour combler les manques des pouvoirs publics vis-à-vis de demandes et de besoins de la population. Je pense d’abord à l’association « Les pieds dans le plat ». Constituée de diététiciens et de cuisiniers frustrés des errements de la restauration collective, ils ont décidé de reprendre en main leur activité : composer l’assiette des autres, celles des enfants dans les écoles. Ils militent et travaillent pour changer les circuits d’approvisionnements en y mettant des aliments bio, produits localement et de saison, redonner du sens aux métiers de la restauration collective et y remettre de l’humain là où il avait quasiment disparu. Ils produisent des documents et forment des professionnels sur la pratique de la Cuisine (avec un C majuscule) dans les collectivités ou encore sur les marchés publics. Il y a aussi un hybride, à mi-chemin entre l’association, la structure de recherche et le « think tank », appelé le BASIC. Ils font un effort conséquent de collecte et d’agrégation de données et en sortent des constats aussi pertinents que glaçants : 80 % de ce qui est consommé à la maison provient de la grande distribution, dont le marché est contrôlé à 92 % par 6 enseignes. L’industrialisation de l’alimentation participe à la précarisation générale du travail, en créant surtout des contrats précaires et en faisant en sorte que la valeur soit captée essentiellement par les distributeurs (+ 100 % de marge en 15 ans), puis les industriels (+ 50 %) au détriment des agriculteurs qui n’ont vu aucune progression de leurs revenus. Pour eux aussi, les solutions futures se trouvent dans les initiatives locales de labellisation (AOP), de construction de projets alimentaires territoriaux soutenus et financés (PAT) et de circuits courts (AMAP…).

Enfin, nous avons ce qu’il convient d’appeler une « start up », Yuka, qui a construit une application permettant aux citoyen-ne-s de se baser sur le maximum d’information possible au moment de l’achat, pour comparer et se décider. Voici une tentative comme une autre de mettre un peu de transparence dans un secteur volontairement opaque. Il ne s’agit pas ici de chanter les louanges de l’initiative privée pour l’opposer au public. Bien au contraire. En revanche, lorsque que la société est en avance sur le politique et l’économique, il faut le reconnaître. Et se demander comment l’on s’appuie sur ces initiatives localisées pour les étendre au pays en créant un modèle plus vertueux et un cadre législatif qui le garantit.

Les associations de consommateurs, comme la Fédération française des diabétiques, insistent sur les répercussions sur les conséquences sur la santé de la population et le problème de son information, dominée par le marketing et la publicité. Un détour par l’alerte sur le diabète et le sucre n’est pas inintéressant. J’avais déjà écrit sur le cas du sel, celui du sucre est comparable. La consommation de sucre par individu est en moyenne de 100 gramme par jour, alors que 3 fois moins suffirait ! Inutile de préciser que le diabète est en constante progression depuis de nombreuses années, et que les personnes diabétiques préfèreraient sans-doute ne pas avoir a subir les désagréments de leur maladie. Pour en venir au langage des chiffres, dans ce domaine comme dans d’autres, le coût des soins est beaucoup plus élevé que celui de la prévention. Les populations les plus touchées par ce phénomène sont de deux types. D’abord, les habitant des territoires d’Outre-mer car les produits qui y sont distribués sont plus sucrés qu’en métropole ! Ensuite, les enfants les plus exposés aux écrans (TV, Internet), souvent de catégories plus défavorisées.

Les études montrent une corrélation claire entre exposition à la publicité, consommation en excès de produits problématiques et surpoids. L’UFC-Que choisir partage ce constat et demande de réglementer fermement la publicité à destination des enfants, alors que ce secteur n’est soumis qu’à l’autorégulation des médias et des annonceurs. Au-delà de la seule publicité, posons des limites claires au marketing : comment est-ce possible de vanter des produits sans gluten ou sans sucre alors que ces éléments sont remplacés par de nombreux additifs ? Comment peut-on appeler les préparations industrielles pour le petit-déjeuner, destinées aux enfants et bourrées de sucre et de gras, des « céréales » ?

Comment peut-on vendre des surimis « goût homard » sans un gramme de homard à l’intérieur, ni même d’arôme, comme le fait remarquer Foodwatch ? Les études fournies par les fabricants sur l’innocuité de leurs produits sont insuffisantes. L’UFC propose la création d’un fond, alimenté par les entreprises, servant à financer des évaluations de la part des institutions publiques et indépendantes lorsque cela est nécessaire. À défaut, le principe de précaution doit s’appliquer, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Foodwatch insiste sur la confusion entretenue par les grosses entreprises de l’agro-alimentaire autour de l’information à donner au consommateur, en contestant le Nutri-score et en lui proposant des alternatives « maison » plus avantageuses, où l’unité de compte est la portion.

D’autre part, le cadre réglementaire qui sert de base à la répression de fraudes (DGCCRF) est beaucoup trop lacunaire. C’est en grande partie liée à son élaboration, lors de laquelle on a laissé les filières de l’agro-alimentaire s’arroger le monopole et toute la latitude pour créer des « codes » spécifiques à chaque catégorie d’aliment. Enfin, unifier et simplifier la gouvernance est une nécessité alors qu’aujourd’hui 4 ministères interviennent sur l’alimentation et sont à l’origine d’une myriade d’actions et de programmes entre lesquels je mets quiconque au défi de s’y retrouver.

Une lueur d’espoir est allumée par Solagro qui a étudié dans l’histoire comment les systèmes dominants ont été basculés par une minorité. A ce titre la présence de « Bio » et/ou « Local » dans les hypermarchés doit être prise comme une victoire, un premier pas vers un autre modèle alimentaire.

Les autres principales ONG auditionnées,, telles que WWF et Générations futures, élargissent le spectre et font de l’alimentation une partie essentielle d’un tout englobant modèle agricole et transition écologique des activités humaines. Ainsi, son industrialisation a des impacts majeurs sur la concentration des terres, la banalisation des paysages et la biodiversité, alors que 30 % des oiseaux des champs et 80 % des insectes ont disparu. Ils sont rejoints par l’initiative Solagro et son scénario Afterres2050, qui prévoit de nourrir la planète en respectant nos objectifs climatiques et écologiques. Cela consiste à changer radicalement notre modèle agricole en rejetant les monocultures, en valorisant économiquement les services environnementaux et externalités positives, en articulant le Programme National Nutrition Santé avec les objectifs des accords de Paris.

Le poids de l’image des produits vendus est également à déconstruire : une pomme lisse et brillante vendue en grande surface a subi en moyenne 37 traitements et il est prouvé que si l’on acceptait quelques taches noires sur les bananes, on ferait baisser de 70 % la quantité de pesticides utilisés lors de la culture.

Les inquiétudes des associations se concentrent maintenant sur les accords de libre-échange, qui rendent difficiles toute relocalisation des productions. Un poulet peut être considéré comme local s’il a été nourri tout sa vie avec du soja argentin (la France en importe 3,6 millions de tonnes par an). Solagro propose de s’appuyer sur le réseau des lycées agricoles et d’en faire des avant-garde de l’agriculture de demain, rappelant que 17 % des lycées sont passés au bio, contre 6 % des surfaces agricoles actuelles. Nous nous rejoignons aussi quand je propose que nos chambres d’agriculture soient changées en chambres de l’agriculture et de l’alimentation.

Rien de très différent de ce que développe le journaliste et critique Périco Légasse, dans un style plus cocardier, en soulignant que nous avons perdu 80 % de notre patrimoine agricole depuis 1980. Il propose des mesures, radicales mais finalement partagées unanimement :

– investir dans l’éducation à l’alimentation, dès l’école, pour réapprendre à manger et déchiffrer les informations commerciales

– s’émanciper du marketing et de la publicité

– protéger l’agriculture des traités de libre-échange

Pour que l’action, précieuse et fournie, de tous ces acteurs, ne soit pas vaine, nous aurons besoin surtout de volonté politique et d’un cadre institutionnel robuste et lisible.

Assemblée nationale

Photo de l'article Loi de programmation de la recherche: décevante et scandaleuse

Loi de programmation de la recherche: décevante et scandaleuse

Loïc Prud'homme 20/11/2020

Mercredi 17 novembre après-midi, j’ai manifesté contre la loi de programmation de la recherche (LPR) aux côtés de ceux qui chaque jour font avancer l’enseignement supérieur et la recherche (ESR) en France: des étudiant.e.s, des profs, des chercheur.e.s, des chargé.e.s de cours, le personnel technique et administratifs et tous leurs soutiens. Cette loi est un rendez-vous manqué avec ce dont l’enseignement supérieur et la recherche a besoin pour pouvoir honorer et être à la hauteur de toutes ces personnes qui dévouent leur vie au progrès scientifique et à l’amélioration de la connaissance universitaires.

La LPR marque encore un peu plus le décalage entre le monde politique et celui de la recherche. Le groupe parlementaire de la France insoumise est vigilant sur le contenu de cette loi depuis son annonce l’hiver dernier et le Conseil économique social et environnemental comme des collectifs de sociétés savantes ont émis de nombreuses critiques quant aux risques que fait courir cette loi sur le monde de la recherche.

Un financement en trompe l’œil

Le premier des points qui fait que je ne peux que rejeter cette loi est celui du financement. L'augmentation du budget de la recherche que claironne le gouvernement n'est qu'un trompe l’œil. Les financements alloués sont honteusement en deçà des chiffres demandés par les principaux intéressé, même si ils peuvent à première vue paraître élevés: 25 milliards sur 10 ans avec 357 millions d’Euros pour 2021. Pourtant, les associations avaient évalué les besoins à au moins 1 milliard par an dès l’an prochain. De plus, ce chiffre de 25 milliards, lorsqu’il est étudié en prenant en compte l’inflation et l’évolution naturelle de la masse salariale ne représente plus qu’1 seul milliard.

Précarisation des chercheurs et compétition à outrance

Deuxièmement cette loi favorise une recherche précarisée. Elle précarise les chercheurs en multipliant les contrats courts et les appels à projet au détriment du financement des structures. Ce système met en danger les conditions de recherches.Les chercheurs perdent un temps précieux dans la recherche de financement et de constitution des dossiers, augmentant mécaniquement au passage la concurrence entre les universités. Cela crée inévitablement un climat de tension dans le monde scientifique, qui a besoin d'émulation, certes, mais aussi et surtout, de coopération.

Rupture d'égalité

Troisièmement, cette loi laisse entrer de manière sournoise la fin du statut de fonctionnaire d’État pour les enseignants-chercheurs, menaçant alors l'indépendance et l'avancée de la recherche telle que nous la connaissons actuellement en France. Il s'agit d'un aspect qui parait technique et anodin au départ: la possibilité pour une université d'embaucher de manière discrétionnaire un.e maitres.ses de conférence ou un.e professeur.s sans passer par un étape qui s'appelle "la Qualification". Cette "Qualification" est donnée à chaque personne souhaitant candidater dans les années à venir à un poste d'enseignement (professeur ou maitre de conférence) après l'étude minutieuse de son dossier par le Conseil National des Université (CNU). Bien que des critiques puissent être émise quant à son fonctionnement, c'est un garde fou qui permet valider des exigences minimums pour les dossiers des candidats pouvant se présenter à un concours (nombre d'heures de cours déjà données, publications dans des revus à commité de lecture, projet de recherche etc...). De cette manière, la personne qui est recrutée par l'université est certes la personne dont le profile est le préféré parmi les candidats, mais la solidité de son dossier ne peut être remise en question car elle a été évaluée par une instance nationale. Cela permet d'empêcher l'embauche d'une personne qui n'aurait pas certains prérequis, et donc de prévenir de toute suspicion d'embauche par copinage éhonté. D'un aspect plus statutaire, ces embauches sans la "Qualification" se feront sous le statut de CDI de contrat, version académique du CDI de chantier, et qui n'a rien d'un CDI puisqu'il a bien une date de fin...

Toute contestation deviendra impossible

Quatrièmement, non content de casser le statut de chercheurs et de plonger la recherche dans la précarisation et la recherche de financement sans fin, la loi prévoit aussi le musèlement de toute contestation à venir. Occuper un amphi pourra être sanctionné par des peines de prison (jusqu’à 3 ans), allant encore un peu plus loin dans sa dérive autoritariste et sécuritaire que l'on voit actuellement avec une autre loi à l'étude cette semaine; la loi "sécurité globale".

Le président du MEDEF

Pour finir, le gouvernement de déroge pas à son habitude et alors qu'il aurait pu profiter de cette loi pour remettre en question le très couteux Crédit Impôt Recherche (CIR - 6,3 milliards 2016) dont l'efficacité sur le monde de la recherche n'a toujours pas été démontré, il n'a rien fait en ce sens. Rappelons que le CIR est un cadeau pour les grandes entreprises privées comme Sanofi qui a utilisé le CIR, licencié des employés, tout en gavant leurs actionnaires.

En ce 17 novembre 2020, tout le groupe parlementaire de la France insoumise dont je fais partie s’est fermement opposé- notamment avec une motion de rejet- à cette loi de programmation pour la recherche: précarisante, autoritaire et à contre-sens de l’intérêt de la recherche. Le monde universitaire et de la recherche peut compter sur notre soutien indéfectible face à une ministre de l’ESR qui aurait ignoré jusqu’au bout les propositions et critiques du monde universitaire. Malheureusement, les marcheurs et la droite a voté en masse pour cette loi.

Le dernier volet des discussions aura lieu aujourd'hui vendredi 20 novembre au Sénat.

Photo de l'article Le Gouvernement ferme les petits commerces et gave Amazon !

Le Gouvernement ferme les petits commerces et gave Amazon !

Loïc Prud'homme 04/11/2020

M. Le Ministre, l'économie ça n'est pas que le porte-feuille du PDG d'Amazon : prenez les mesures urgentes avant la fermeture définitive du rideau de milliers de petits commerces !

Mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, j'ai interpellé Bruno Le Maire sur la fermeture des petits commerces, obligés de tirer le rideau malgré les protocoles sanitaires qu'ils ont su mettre en place dès la fin du confinement. Pendant ce temps, les plateformes de commerces en ligne sont les grandes gagnantes de la crise et effectuent des ventes à tour de bras, tout en ne participant pas à la solidarité nationale : 14 milliards de fraude à la TVA pour les géants du e-commerce et pas un petit doigt n’a été levé par le ministre !

Il faut mettre fin à cette distorsion de concurrence qui pénalise nos commerces de proximités et a de graves impacts économiques, sociaux et environnementaux !

Photo de l'article Bataille contre les néonicotinoïdes à l'Assemblée nationale

Porte voix

La publication de votre circonscription

Le Porte Voix
Photo de Loïc Prud'homme

Loïc Prud'homme

Écologiste, convaincu qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies ne peut que conduire à la catastrophe, je partage la vision cohérente des progrès sociaux et environnementaux à accomplir pour aller vers le «bien vivre», contenue dans le programme L’Avenir en Commun.

Loïc Prud'homme est député France Insoumise de la Gironde pour les communes de Bègles, Bordeaux Sud, Talence et Villenave-d'Ornon. Résolument engagé en faveur de la règle verte et de la transition écologique de notre société il siège à l'Assemblée nationale au sein de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Retrouvez sur ce site internet son travail dans l'hémicycle et en circonscription en faveur des services publics, de l'emploi local, de la justice sociale et de la transition écologique.

© Copyright 2020 Loïc Prud'homme. Tous droits réservés.

Ce site utilise des cookies afin de vous proposer une meilleure expérience utilisateur.

Vous pouvez les ACCEPTER ou les REFUSER

Découvrez à quoi nous servent les cookies en consultant les Conditions générales d'utilisation

undefined