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Question au gouvernement : Situations des étudiants PASS/LAS

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 06/04/2021

Les étudiants de première année de PASS/ LAS essuient les plâtres d'une réforme mal ficelée.

Le numerus clausus a été supprimé et les universités fixent maintenant librement le nombre d'étudiants admis en seconde année. Sauf que les étudiants doivent faire face à une charge de travail bien supérieur à celle de la première année de médecine (PACES) d'avant la réforme, pourtant connu pour être particulièrement intense, avec moins de places disponibles pour ces étudiants de la promotion 2020/2021.

De plus, les conditions de validation de leur première année change d'une université à l'autre, sans avoir la possibilité de redoubler en cas d'échec.

J'ai donc interpellé la ministre de l'enseignement supérieur pour lui demander si le Gouvernement prévoyait d'augmenter le nombre de places en deuxième année d'études de médecine et d'assouplir les conditions de validation des unités d'enseignements ou de redoublement des élèves de première année.

Retrouvez la question en entier sur le site de l'Assemblée nationale.

AED : stop au mépris et à la précarité !

Près de chez vous
Loïc Prud'homme 01/04/2021

AED : stop au mépris et à la précarité !

Ces dernières semaines, les AED (Assistants d’éducation) se sont mobilisés afin d’exiger de meilleures conditions de travail : je les ai rencontrés à cette occasion. Nous nous sommes donné rendez-vous une première fois à ma permanence parlementaire le 26 février dernier où nous avons échangé sur la construction de la mobilisation tout fait exceptionnelle des AED tout en abordant les conditions toujours plus dégradées de leur travail. Puis nous nous sommes revus par la suite le 25 mars à l’occasion d’une conférence de presse, où se trouvait également plusieurs porte-paroles de la liste On est là !, dont Clémence Guetté.

Par deux fois j’ai pu discuter directement avec eux et ainsi aborder tous les problèmes auxquels ils se trouvent confrontés. Car si le statut d’AED, créé par la loi Ferry en 2003, avait pour but de moderniser l’encadrement des élèves, force est de constater qu’il les maintient plutôt dans la précarité.

La palette de compétences requises, relevant de corps de métiers différents, fait que le métier d'AED est particulièrement difficile. Or, les AED ne sont pas formés et ne peuvent donc pas acquérir ces savoir-faire spécifiques. La formation censée être obligatoire est quasi-inexistante dans les faits, les AED étant obligés de se former par eux -mêmes. De plus, celles et ceux souhaitant s’investir davantage dans ce qui est devenu un métier à part entière ne le peuvent pas du fait du renouvellement de leur contrat limité à 5 fois maximum, pour une durée totale ne pouvant excéder les 6 ans. Une fois cette dernière achevée, le savoir-faire et les compétences accumulées par les AED ne se trouvent pas valorisés du fait de leur départ.

Un des arguments récurrent en faveur du statut précaire d’AED serait que ce dernier permet de faciliter la poursuite d’études supérieures. Or, plus de la moitié des AED sont déjà diplômés, dont une bonne partie possédant une licence. Croire que le statut d’AED permet de faciliter la poursuite d’études supérieures est non seulement illusoire mais constitue en plus un gâchis de compétences. Idem pour ceux souhaitant passer les concours de la fonction publique : avec des semaines de 37 heures en moyenne voire plus, il est impossible de préparer convenablement ces concours. Tout cela sans prendre en compte les heures supplémentaires, en principe impossible, mais bien réelles, et surtout, non-rémunérées.

Ainsi, de nombreux aspects ici mentionnés du travail des AED sont illégaux mais pourtant bien réels, les AED ne pouvant refuser ou protester sous peine de ne pas voir leur contrat renouvelé, le recrutement étant discrétionnaire au chef d’établissement. Cette situation ne peut plus durer, il faut sortir les AED de l’instabilité permanente et de la précarité. C’est pourquoi j’apporte mon soutien plein et entier aux AED, qui face à cette situation intolérable se sont mobilisés pour la première fois depuis que ce statut existe. Ce soutien s'inscrit dans la continuité de mon engagement auprès d'eux puisque déjà en 2019 j'adressais une question écrite au ministre de l'Éducation nationale et de la jeunesse, M. Blanquer. La situation n'ayant pas évoluée depuis, la mobilisation et l'organisation des AED ne cesse de progresser : pour qu’ils puissent exercer pleinement leur profession et que les élèves bénéficient d’un accompagnement de qualité, il est plus que nécessaire de les soutenir aujourd'hui !

Enquête publique sur le SAGE Du Dropt

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 25/03/2021

Commission d'enquête sur l'alimentation industrielle: le rapport

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 19/03/2021

En 2018, mon groupe parlementaire avait déposé une demande auprès de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale pour la mise en place d'une commission d'enquête sur l’alimentation industrielle : qualité nutritionnelle, rôle dans l’émergence de pathologies chroniques, impact social et environnemental de sa provenance. Proposition de résolution "malbouffe"

Cette demande a été acceptée et j'ai eu l'honneur de présider cette commission d'enquête pendant 6 mois. Elle a permis d'entendre différents acteurs sur ces questions: scientifiques, industriels, associations, agences nationales, administration et agriculteurs. Commission d'enquête Malbouffe tome1

Commission d'enquête Malbouffe tome2

Le rapport a été approuvé par la commission d'enquête en septembre 2018 et il m'a permis de mettre en évidence les point suivants:

  • La malbouffe ce n'est pas seulement le trop gras sucré ou salé, c'est aussi la nourriture pleine d'additifs, de pesticides ou de plastique.

  • La malbouffe est une question majeure de santé publique car elle est l'une des principales causes d'une épidémie mondiale de maladies chroniques.

  • Le système agricole industriel et standardisé et la nourriture industrielle sont intriqués.

  • Notre alimentation est sûr mais pas forcément saine.

  • Les engagements volontaires des industriels sont inefficaces.

  • Les autocontrôles sont un échec.

  • La restauration collective est un bon outil local pour l'action et l’éducation à une meilleure alimentation.

  • Il faut mobiliser les territoires pour soutenir une alimentation saine et locale.

Mes propositions:

1- implémenter la réglementation pour encadrer les processus industriels de transformation (interdire le cracking et les processus qui produisent des composés néoformés)

2- Interdire immédiatement l’utilisation des additifs controversés et l’importation de produits en contenant, en application du principe de précaution

3-définir par la loi des objectifs quantifiés de baisse de sel (5 g/jour), sucre (25 g/jour) et acides gras saturés et trans (2,2 g/j pour les AGT) pour chaque catégorie de produits en se basant sur les recommandations de l’OMS

4- suspendre immédiatement l’autorisation de toutes les allégations nutritionnelles en attendant un cadre législatif européen (profils nutritionnels)

5-interdire la publicité alimentaire à destination des enfants

6- imposer la présence du Nutri-Score au niveau européen et élargir son information au degré de transformation et à la présence d’additifs

7- créer une structure interministérielle de coordination de la politique alimentaire, le secrétariat général de l’alimentation

8- inscrire 1 h/semaine d’éducation à la nutrition dans les programmes de la maternelle à la 3e.

9- faire du PNNS un cadre contraignant pour toute la production alimentaire nationale, et réactiver en urgence le GEM-RCN pour la restauration collective

10- généraliser sur tout le territoire, en s’appuyant sur les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) mieux soutenus financièrement, les pratiques agricoles et alimentaires vertueuses

Pour aller plus loin:

https://lafranceinsoumise.fr/2018/08/17/commissions-denquete-sur-lalimentation-industrielle-1-4-contributions-des-chercheurs-et-scientifiques-risque-averes-pressions-et-retour-a-la-raison/

https://lafranceinsoumise.fr/2018/08/24/commission-denquete-sur-lalimentation-industrielle-2-4-les-entreprises-de-lagroalimentaire-opacite-belles-intentions-et-aveuglement-volontaire/

https://lafranceinsoumise.fr/2018/08/31/commission-denquete-sur-lalimentation-industrielle-3-4-les-acteurs-citoyens-transparence-effet-cocktail-et-gouvernance-renforcee/

https://lafranceinsoumise.fr/2018/09/11/commission-denquete-sur-lalimentation-industrielle-4-4-les-institutions-publiques-demeler-coordonner-renforcer/

Question écrite: OGM nouvelle technologie (NBT)

Assemblée nationale
Loïc Prud'homme 07/03/2021

Comme vous le savez, la culture des OGM n'est pas autorisés en France depuis 2008...

Sauf que de petits malins essayent de contourner la réglementation en faisant passer des vessies pour des lanternes à savoir des organisme OGM obtenus avec de "Nouvelles techniques de sélection végétale" ou "New Breeding Techniques (NBT)" ne serait pas des plantes ne relevant des OGM.

Pourtant les NBT sont bien de nouveaux OGM avec les mêmes risques que pour les OGM d'après le comité consultatif commun d'éthique de l'INRA, CIRAD et d'Ifremer sont "environnementaux, sanitaires, agricoles, économiques, sociaux et politiques". La différence avec les OGM classique, c'est que les NBT ne sont pas obtenus en incluant un ADN étranger dans la plante, mais le génome est édité en utilisant des "nouvelles techniques" comme CRISPR-Cas9 par exemple afin d'inactiver un gène, le modifier ou en insérer un nouveau.

Que dis l'Union Européenne?

La Cour de justice de l'Union européenne a jugé en 2018 que ces nouveaux OGM devaient être soumis aux mêmes règles que les OGM.

Que fait la France?

Le Gouvernement n'a toujours pas publié le décret et les arrêtés devant définir le statut de ces nouveaux OGM au niveau national, comme lui a pourtant demandé de le faire le Conseil d'État.

Mon action

Je suis de très près ce dossier. Membre de l'Office Parlementaire de l’Évaluation des Choix Scientifiques et Techniques, je suis rapporteur d'auditions sur ce sujet qui vont se tenir mi-mars 2021 et je serai vigilant sur la teneur et l'orientation des échanges. https://www2.assemblee-nationale.fr/15/les-delegations-comite-et-office-parlementaire/office-parlementaire-d-evaluation-des-choix-scientifiques-et-technologiques/(block)/24971

J'ai également interpelé le Gouvernement pour qu'il fasse enfin appliquer la demande du Conseil d'État en publiant le décret et les arrêtés devant définir le statut de ces nouveaux OGM.

Assemblée nationale

Photo de l'article Commission d'enquéte pesticides : une inaction complice !

Commission d'enquéte pesticides : une inaction complice !

Loïc Prud'homme 09/01/2024

J'ai participé ces derniers mois à une Commission d’enquête parlementaire sur les causes de l’échec des plans Ecophyto successifs à maitriser l'impact des produits phytosanitaires sur notre santé et l'environnement, dont les auditions ce sont tenues entre juillet et décembre 2023. Je vous partage ci-dessous la contribution déposée par mes collègues Aymeric Caron, Mathilde Hignet, Michel Sala et moi même au rapport adopté par la Commission d'enquête le jeudi 14 décembre 2023.

La création d'une commission d'enquête sur l'incapacité de la France à maitriser les impacts des produits phytosanitaires était une nécessité et nous saluons cette initiative. Le déclin de la biodiversité, la multiplication des clusters de cancers, les scandales liés aux pollutions de l'eau, de l'air et des sols, et l'impasse de la dépendance de notre agriculture aux intrants chimiques imposait que la représentation nationale fasse le point et explique cette situation, afin de mieux en sortir. Les auditions menées ont été révélatrices de situations particulièrement graves, et de grandes lacunes dans l'exercice des missions des autorités publiques en charge de la sécurité sanitaire.

UNE GRANDE MANSUÉTUDE VIS À VIS DES PESTICIDES

Il est apparu de façon claire au cours des auditions que les autorités sanitaires européennes et françaises (EFSA / ANSES) ne protègent pas suffisamment les populations et l'environnement, notamment au regard des objectifs que les textes réglementaires leur fixent. Les agences interviennent en réalité le plus souvent en aval pour corriger, quand c'est possible, les dégâts à posteriori. On retrouve d'ailleurs systématiquement cet argument dans la bouche des promoteurs de l'utilisation des pesticides : "voyez, de nombreux pesticides ont été retirés, cela prouve bien que les mécanismes de régulation fonctionnent". De la même façon un titre de § dans ce rapport (p.102) est ainsi libellé : "L'ANSES a interdit un nombre important de substances". Pourtant les résidus de pesticides interdits il y a des années se retrouvent encore en quantité importante dans l'environnement et ont déjà causé leurs effets toxiques sur la santé. Il est bien entendu impossible de se satisfaire de cette situation, les dégâts étant souvent irréversibles.

Cette mansuétude s'illustre particulièrement concernant la présence des pesticides dans l'air. L'audition de Mr Yamada, responsable du pôle pharmacovigilance de l'ANSES est sur ce point révélatrice : il n'existe tout simplement pas de VR (valeur réglementaire) pour les pesticides dans l'air. Comment imaginer que les autorités sanitaires ignorent, de manière consciente, tout un pan de l'exposition humaine aux molécules épandues sous prétexte qu'il n’existe pas de test réglementaires pour évaluer l'absorption par voie aérienne des pesticides par l'humain (entre autres êtres vivants) ? Les associations de victimes alertent sur ce sujet de manière répétée depuis longtemps : le collectif "Avenir Santé Environnement", auditionné le 07/09/23 nous a par exemple livré un témoignage sur le constat d'un excès de risques de cancers pédiatriques dans la plaine d'Aunis, autour de La Rochelle, lié à des facteurs environnementaux, en l’occurrence des polluants agricoles. Des études ATMO révèlent en effet la présence de près de 41 molécules pesticides dans l'air, faisant de ce territoire le détenteur d'un triste record de France (connu) sur ce sujet. Le message de l'association est clair et mérite d'être entendu : Nous ne pouvons plus nous contenter d'accompagner la baisse de l'usage des pesticides, mais il faut maintenant se fixer un objectif, même lointain, de sortie des pesticides. Pourtant, il y a pour le moment une absence de décision sur ce sujet des pesticides dans l'air. L'action de l’État se résume pour l'instant à commander plus d'études. Mr Yamada déclare à ce sujet : "c'est au pôle produits réglementés (ndr : de L'ANSES) de prendre des décisions".

Il est impératif que l'ANSES entende ce message et considère les effets des pesticides présents dans l'air. Des mesures immédiates de préservation de la santé doivent donc être prises pour stopper la catastrophe sanitaire probablement en cours.

Au niveau européen, la mansuétude n'est pas moins grande : L'EFSA, par la voix de Mr De Seze, chef du département "production des évaluations du risque" auditionné le 8/11/23, avoue des défaillances dans l'évaluation de la toxicité à long terme des pesticides. Il indique la non prise en compte des avancées scientifiques sur les études mécanistiques dans le processus d'évaluation des pesticides, et ce, faute de moyens... Sur les études universitaires il dit : « Nous ne donnons pas un poids suffisant à ces études dans l’évaluation des risques », parlant même "de fossé entre le monde scientifique et le monde règlementaire".

Laurence Huc, toxicologue directrice de recherche de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE), auditionnée le 19/10, nous dit à ce sujet que sur 14 mécanismes réels de cancérogénicité, un seul est pris en compte en toxicologie réglementaire. Les failles dans l'évaluation sont donc béantes. « La façon dont aujourd’hui le cadre règlementaire évalue les questions de biodiversité est partiel…il faudrait pouvoir développer des méthodologies plus complètes… » complète Mr De Seze. Là encore c'est en toute connaissance de cause que les agences réglementaires acceptent que nous soyons les cobayes des évaluations de toxicité qui ne sont pas sérieusement faites en amont, avec toute l’impartialité indispensable.

REDUIRE L'USAGE DES PESTICIDES, ALLER VERS LEUR ABANDON

Malgré les nombreux constats posés sur la trop grande tolérance vis à vis des produits phytosanitaires et leurs effets, les recommandations du présent rapport pointent la bonne direction, mais ne prennent pas la mesure de l'urgence de la situation. Des mesures fermes et immédiates ainsi que des politiques publiques ambitieuses et massivement financées sont nécessaires.

En effet aujourd'hui les acteurs agricoles arbitrent les choix de leurs pratiques avant tout sur des critères économiques. C'est la problématique du revenu paysan bien trop bas qui est ici en cause et cela nous a été exposé en audition par les exploitants agricoles eux-mêmes. L'Impact de l'abandon des pesticides est estimé en moyenne à -13% sur l’excédent brut d'exploitation, un obstacle économique difficile à surmonter pour la majorité des agriculteurs qui peinent toujours à tirer un revenu décent de leur activité.

Face à cela, les politiques publiques sont trop peu volontaires pour contraindre à la diminution de l’utilisation des pesticides, et pour accompagner financièrement cette transition. De leur côté les représentants des agriculteurs tirent argument de cette situation pour refuser toute mesure ambitieuse. Chambres d'Agriculture France, auditionnée le 11/10/23, demande ainsi des objectifs plus bas que ceux portés aujourd'hui : "Il faut aussi que le monde agricole sente que l’objectif est atteignable. Or, je ne suis pas certain que le fait d’afficher d’entrée de jeu l’objectif de 50 % de réduction constitue un grand facteur de motivation du monde agricole. [...]. Je pense qu’il vaut mieux avoir un indicateur qui ne soit pas trop élevé, atteindre le résultat et revoir l’objectif ensuite, plutôt que fixer une barre très haut que tout le monde considère comme inatteignable et qui ne génère pas de motivation. Je suis demandeur d’objectifs réalistes […] "

De la même façon le label HVE a été promu pour donner l'illusion d'une action résolue en faveur de la diminution des pesticides. Ce label ne contient pourtant dans son cahier des charges aucune ambition sur ce volet : élevé en concurrence notamment du label AB il crée de la confusion auprès des consommateurs mais permet aussi un siphonnage des maigres aides publiques dédiées à l'agriculture biologique.

De son côté le "BASIC" (Bureau d'Analyse Sociétale pour une Information Citoyenne) nous apprend que seul 1% des financements publics qui vont à l'agriculture sont dédiés à la baisse de l'utilisation des pesticides. Cela donne un ordre de grandeur de l'effort fait et à faire. Par ailleurs ces financements visent l'ensemble des pratiques sans ciblage précis alors que l'analyse fine des données révèle que seuls 20% des exploitations sont responsables de la quasi-totalité de l'augmentation des usages des pesticides. Là où l’État impute l'impasse et l'échec de la baisse de l'utilisation des pesticides sur l'agriculture tout entière, il y a en fait un problème de modèle qui est nié par les responsables politiques en charge aujourd'hui de l'orientation des politiques publiques agricoles.

Par ailleurs au regard des informations récentes qui révèlent une pollution massive et presque systématique de nos masses d'eau par des pesticides et leurs métabolites il est urgent que la puissance publique propose un plan de protection de notre eau de boisson et donc des captages : recherche systématique et uniformisée sur le territoire français (a minima métropolitain) d'un spectre large des pesticides et de leurs métabolites dans l'eau "potable", généralisation des aires de protection de captage, mise en place d'un fond de paiement pour services environnementaux (FPSE, géré par les agences de l'eau) abondé par des redevances relevées. A terme les coûts de dépollution a posteriori ainsi économisés seront réorientés vers ce FPSE.

En conclusion nous, députés du groupe parlementaire LFI-NUPES membres de la commission, tenons à redire l'importance de contraindre par loi et d'accompagner collectivement les pratiques vertueuses, à la hauteur de l'enjeu qui est posé.

Cela ne semble pas être la direction donnée par le gouvernement, à l'instar des annonces de la première ministre qui dans la soirée du 5 décembre 2023, a confirmé le renoncement à la hausse de la redevance pour pollution diffuse (RPD), perçue sur les ventes de pesticides, ainsi que celle de la redevance pour prélèvement sur la ressource en eau pour l’irrigation. Ce renoncement s'inscrit dans la longue lignée des gages donnés à l'agriculture industrielle et au modèle intensif. Il est d'autant plus grave qu'il revient sur une hausse qui avait été votée dans le projet de loi finances. Le gouvernement négocie donc directement avec les syndicats agricoles plutôt qu'avec les parlementaires dont il passe outre les décisions.

Nous recommandons en priorité :

  • De réglementer immédiatement les rejets de pesticides dans l'air : nous sommes très en retard en ce qui concerne la surveillance de l'air par rapport à ce qui est prévu pour les sols ou pour l'eau. Les pesticides ne font pas partie des quelques polluants dont la concentration dans l'air est mesurée et réglementée.

  • Des mesures conservatoires doivent être prises sans délai pour préserver la santé des populations.De faire payer les firmes pour les études académiques indépendantes, longues et coûteuses, nécessaires à la délivrance des AMM qu'elles demandent, afin que ces dossiers réglementaires ne soient pas uniquement documentés par les études scientifiques réalisées par ces mêmes firmes.

  • De relever très fortement le taux de redevance pour pollution diffuse et réequilibrer fortement la contribution des usagers au financement des agences de l'eau, aujourd'hui principalement supporté par les particuliers pourtant consommateurs minoritaires en volume.

  • De supprimer le label HVE ou d'envisager une refonte complète de son cahier des charges pour en faire un véritable tremplin vers la transition vers l'agriculture biologique;

  • De créer une caisse de défaisance pour reprendre la dette agricole de celles et ceux qui s’engagent au travers d’un contrat de transition à passer au 100 % bio, les auditions ayant confirmé que la dimension économique constitue l'un des principaux freins à la réduction des pesticides.

Pour le groupe LFI-Nupes,

Loïc Prud'homme, Aymeric Caron, Mathilde Hignet, Michel Sala

Photo de l'article Glyphosate :  De scandales en scandales, une bataille au long cours

Glyphosate : De scandales en scandales, une bataille au long cours

Loïc Prud'homme 31/10/2023

Lors de mon précédent mandat, je m’étais déjà largement engagé dans la bataille contre le glyphosate, pour le faire interdire. (Voir ici)

En cette rentrée 2023, le sujet est d’actualité puisque le pesticide est en passe d’obtenir un sésame de ré autorisation pour plusieurs années. La bataille reprend de plus belle, en plusieurs épisodes, et plusieurs scandales :

Le scandale des évaluations au doigt mouillé

Dans le cadre d’une commission d’enquête à l’Assemblée nationale, j’ai interrogé, le 20 septembre 2023, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), qui est chargé d’évaluer les pesticides avant leur mise sur le marché.

Il en est ressorti des éléments très inquiétants concernant les procédures selon lesquelles ces évaluations sont faites. Petit décryptage :

-Un pesticide, qu’est-ce que c’est ? Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’un pesticide est composé non seulement d’une « molécule active », qui est l’agent actif principal, mais également de toutes sortes de co-formulants qui viennent s’ajouter pour créer le pesticide, que l’on appelle ainsi « formulation commerciale ».

-Que nous dit le droit concernant l’évaluation de ces pesticides avant leur autorisation ? Le règlement européen impose la réalisation d’études de toxicité et de cancérogénicité à long terme de l’ensemble de la formulation des produits autorisés.

Extrait de l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne du 1er septembre 2019 :

Un certain nombre d’associations, dont le collectif secrets toxiques, alertent depuis des années sur le fait que ces évaluations sur la formulation complète, ne sont pas réalisées.

J’ai donc interrogé Mr De Seze, responsable de l’évaluation des risques à l’EFSA, pour savoir si ces évaluations étaient bien faites. Sa réponse est claire et sans appel : elles ne sont pas faites. L’EFSA évalue les composés des pesticides pris un à un, puis se contente de faire des modélisations pour évaluer la formulation dans son ensemble.

Pour imager le problème, il est possible de faire un parallèle avec le célèbre mélange Mentos/Coca Cola. Pris séparément, ils sont inoffensifs, mis ensemble ils moussent à n’en plus finir. L’EFSA assume d’évaluer d’un côté le mentos, de l’autre le Coca, et de l’innocuité des deux, en déduit l’innocuité de l’ensemble.

Il est évident que cela ne suffit pas et que cela ne répond pas aux exigences du droit européen.

Le scandale des études scientifiques triées en fonction de leur auteur

Les procédures d’évaluation de l’EFSA ne sont malheureusement pas le seul problème du Glyphosate. Ce pesticide bien connu maintenant, produit par Bayer-Monsanto, est reconnu cancérogène, mais aussi génotoxique, neurotoxique, reprotoxique et perturbateur endocrinien, par de nombreuses études académiques (Inserm, Inrae, Ifremer, Centre International de Recherche sur le Cancer). Ses impacts sur l’environnement et la biodiversité n’en sont pas moins terribles.

Cependant, ces études sont écartées, au profit de celles produites par… Bayer-Monsento lui-même. Demandez au poissonnier si son poisson est frais.

J’ai interpellé le ministre de l’agriculture Monsieur Fesneau, sur ce sujet, car les états-membres de l’Union Européenne doivent voter pour approuver la ré-autorisation du Glyphosate. La France a donc le pouvoir de se positionner contre :

Sa réponse évidemment a été à l’image de ce gouvernement depuis des années : l’argent avant les gens. Tant qu’il n’y a pas d’alternatives pour les productions agricoles, pas d’interdiction. Mais ce que le ministre oublie, c’est que les agriculteurs sont les premières victimes du glyphosate, et que des dizaines de milliers d’agriculteurs bio s’en passent très bien depuis des années.

Le combat sera encore long sur ce dossier mais, aux côtés des associations, ma détermination sera totale.

Pour aller plus loin sur le sujet :

Photo de l'article Stop à l'accaparement de notre eau pour la culture du maïs irrigué !

Stop à l'accaparement de notre eau pour la culture du maïs irrigué !

Loïc Prud'homme 10/07/2023

Présentation de ma proposition de loi visant à mettre fin à l'accaparement de notre eau pour la culture du maïs irrigué :

Alors que nous entrons dans la période estivale, nous prenons progressivement la mesure de la crise de l'eau qui affecte nos territoires, avec des conséquences déjà très concrètes pour nos concitoyens et nos agriculteurs. Après un été 2022 marqué par un stress hydrique historique, entrainant son lot de pénuries, de pertes de récolte et d'incendies désastreux, la faible pluviométrie de cet hiver 2023 n'aura pas permis de recharger nos nappes phréatiques à leur juste niveau et laisse présager la répétition cet été d'épisodes de sécheresse désormais chroniques et d'une gravité croissante.

Cette situation n'est pas exceptionnelle : elle s’inscrit dans une tendance à grande échelle d’aggravation du risque d’une crise mondiale de l’eau douce sur laquelle l’Organisation des nations unies a alerté solennellement lors de la conférence qu’elle a dédié à cette ressource en mars 2023. Il n'y a désormais plus guère de doute sur le fait que le changement climatique, combiné à notre surexploitation de la ressource, entraine une perturbation globale du cycle de l'eau, dont nous commençons à peine entrevoir les conséquences.

À la moitié du mois de mai, le ministre de la transition écologique Christophe Béchu a alerté sur la situation de 28 départements présentant un risque très élevé de sécheresse d'ici à la fin de l'été 2023. Malgré ce constat inquiétant, les mesures politiques annoncées au printemps dans le cadre d'un "Plan eau" pourtant très attendu sont bien loin d'être à la hauteur des enjeux climatiques et hydrologiques. Pour l'agro-industrie, pas de sobriété annoncée ! Depuis leur congrès, le ministre Fesneau a déclaré à ses amis de la FNSEA qu'aucun effort supplémentaire ne leur serait demandé pour diminuer leurs prélèvements. Alors que l'agriculture représente à elle seule 57% de la consommation totale en eau du pays, le gouvernement nous mène dans une impasse en exemptant ce secteur de la nécessaire réflexion sur la mise en place d'une meilleure préservation et d'un partage plus équitable de la ressource. Car si l'agriculture est un secteur qui consomme globalement beaucoup d'eau, cette dernière est aussi très inéquitablement répartie entre les agriculteurs eux mêmes qui sont victime d'une accaparement croissant de la ressource par les acteurs de l'agro business au détriment des petites exploitations, comme l'ont dénoncé les opposants aux projets de méga bassines.

Une filière, en particulier, accapare la majorité des volumes d’eau d’irrigation : celle du maïs, qui représente à elle seule près de 40% du total des surfaces irriguées du pays! En effet, cette plante d'origine tropicale ne peut survivre qu'en bénéficiant d'importantes quantités d'eau en plein été, soit au moment où nous en manquons le plus.

C'est pour interpeller sur ce problème majeur que j'ai déposé au mois de juin 2023 une proposition de loi visant à protéger la ressource en eau en planifiant l'arrêt de l'irrigation de la culture du maïs

Il est urgent d'interroger la pérennité d’un recours massif à l’irrigation pour cultiver du maïs dans des territoires, comme le Sud-Ouest ou encore l'Alsace, qui sont marqués par des pressions croissantes sur la ressource. Pour réussir à atteindre nos objectifs de souveraineté alimentaire en installant massivement des agriculteurs, et pour planifier l’adaptation de notre agriculture au changement climatique, nous devons décider collectivement de mettre un terme à l’accaparement de notre eau pour la production intensive de maïs dont une importante partie est vouée à l’exportation.

Si vous souhaitez découvrir plus en détails mon travail parlementaire à ce sujet, retrouvez ci-dessous mon dossier de presse sur cette proposition de loi ainsi qu'un épisode de "Focus sur...le maïs irrigué" sur ma chaine YouTube

Dossier de presse : Voir le PDF

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Loïc Prud'homme

Écologiste, convaincu qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies ne peut que conduire à la catastrophe, je partage la vision cohérente des progrès sociaux et environnementaux à accomplir pour aller vers le «bien vivre», contenue dans le programme L’Avenir en Commun.

Loïc Prud'homme est député France Insoumise de la Gironde pour les communes de Bègles, Bordeaux Sud, Talence et Villenave-d'Ornon. Résolument engagé en faveur de la règle verte et de la transition écologique de notre société il siège à l'Assemblée nationale au sein de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Retrouvez sur ce site internet son travail dans l'hémicycle et en circonscription en faveur des services publics, de l'emploi local, de la justice sociale et de la transition écologique.

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