Le train de la solidarité. Toute honte bue

Le train de la solidarité. Toute honte bue

Ce matin un parterre de gens importants va se retrouver à la gare St Jean de Bordeaux pour accueillir le « train de la Solidarité » .

Il vont sans doute faire des discours très émouvants sur le devoir de solidarité et d’accueil des réfugiés, de la dignité que nous devons à ces gens qui ont souvent tout perdu. Leur pays, leur lieu de vie, leurs souvenirs, leurs proches.

Ceux-là même qui expulsent, contrôlent, dublinisent sans la moindre humanité vont se donner bonne conscience en 2 pages de discours préparés et convenus.

Que vont-il dire au sujet des 105 enfants et leurs familles, réfugiés depuis plusieurs semaines dans des bâtiments désaffectés à Cenon, sans eau, sans électricité, sans chauffage. Que font

l’OFFI (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration) et le 115 ? L’État et ses représentants viendront sans doute déplorer avec des sanglots dans la voix le premier mort de l’hiver. Mort que ses droits ne soit pas respectés, que sa dignité soit bafouée, que son humanité soit niée.

A moins que ces enfants ne soient placés 90 jours en Centre de Rétention Administrative comme le permet la nouvelle loi voulue par le président Macron qui couvre de son patronage bienveillant ce train de la « solidarité ».

Que va dire Mme la Préfète au sujet de cette famille de Bègles, réfugiée en France depuis 6 ans, 3 enfants brillamment scolarisés dont certains sont nés ici. Une famille soutenue par tous les élus locaux et nationaux qui attendent une réponse depuis 2 ans à leur requête pour une régularisation administrative. Cette famille expulsée d’un logement il y a quelques semaines avec l’assentiment de la Préfecture et qui aujourd’hui est à la rue. Sans aucun doute Mme la Préfète aura à cœur ce matin de rendre sa dignité à cette famille et à toutes les autres dans le même cas. Avec humanité elle s’empressera de leur donner le droit de construire un avenir paisible ici. Pour leur bien, pour le notre aussi.

Enfin que dire de ces mécènes dont le plus odieux est Sanofi, qui empoisonne des populations et des salariés avec son usine à Mourenx et qui refuse d’indemniser les victimes de sa Dépakine, rejetant les coûts sur la collectivité. Les cyniques seront sur les quais de la gare pour vous faire payer avec de l’argent public les dégâts humains qu’ils provoquent. Un sponsor pharmaceutique quand l’aide médicale d’État vient d’être assorti d’un délai de carence, faisant ainsi courir un risque sanitaire à toute la population, de l’avis des experts et du bon sens. Le “en même temps”, signature de ce cynisme.

Je pourrais aussi pointer au passage les cadres de la SNCF qui appliquent avec zèle la vente à la découpe de notre entreprise de transport ferroviaire. Cela est fait au mépris des personnels et des passagers, tournant le dos à la mission de service public d’aménagement du territoire et d’urgence écologique que doit remplir cette entreprise. Je ne les accable pas, les faits et l’avenir proche vont le faire pour moi.

Ce matin sur les quais de la gare de Bordeaux le cynisme accueillera le train de la honte.

Première privatisation de la SNCF : la gare du Nord vendue au groupe Auchan

Vous vous souvenez des débats autour de la réforme de la SNCF ? C’était il y a 3 semaines à peine dans l’hémicycle. Alors que les parlementaires de la France Insoumise alertaient sur les dangers d’un projet qui conduirait à la privatisation à terme de la SNCF, le Gouvernement et Guillaume Pepy hantaient les plateaux télé et radios pour assurer sur la base de leur bonne foi que jamais non jamais l’entreprise publique ne serait privatisée.

“La SNCF restera à 100% publique” assurait alors Mme Borne. Mais en fait non : la première pierre de la privatisation, un avant-goût du dépeçage de l’entreprise publique, a été posé lundi 9 juillet en grande pompe à la Gare du Nord.

Un projet pharaonique pour le triplement de la première gare d’Europe, 600 millions d’euros investis pour la redimensionner en vue de Paris 2024. Les travaux ont été confiés à Ceetrus,  filiale foncière du Groupe Auchan, pour un carnet de commande qui vise à développer un gigantesque espace commercial. En revanche, de l’amélioration des conditions de circulation des RER dans la ceinture parisienne il n’est pas question. Un projet d’inutilité publique avant tout donc.

Au terme des travaux le groupe privé, davantage spécialisé dans l’évasion fiscale que dans les services publics ferroviaires, se verra remettre les clés du domaine, la SNCF n’y sera plus qu’un actionnaire minoritaire. 

C’est ce qu’on appelle un coup gagnant au Monopoly pour la famille Mulliez (Auchan) et un bel exemple de dépeçage du patrimoine public par Guillaume Pepy qui de fait est aujourd’hui le VRP d’Auchan avec l’aimable bénédiction du Gouvernement qui a tout fait pour faciliter ce genre de transaction.

A nouveau, je demande donc la démission de Guillaume Pepy qui décidément nous coûte un pognon de dingue et le retour à une entreprise publique intégrée, seule garantie de la poursuite du service public ferroviaire sur tout notre territoire.

 

 

Mettre fin au démantèlement des trains de nuit

Question écrite du 10/04/18

M. Loïc Prud’homme attire l’attention de Mme la ministre, auprès du ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, chargée des transports, sur un mode de transport révolutionnaire combinant des caractéristiques à la fois écologiques, d’accessibilité tarifaire et d’aménagement du territoire : les trains de nuit. Le Gouvernement s’est engagé sur l’abandon des projets d’infrastructures les plus coûteux au profit de l’entretien des réseaux déjà existants et sur la promotion des mobilités douces. Les trains de nuit remplissent toutes les conditions pour être à l’avant-garde de cette politique des transports du 21ème siècle. Peu onéreux pour l’opérateur, ils permettent de valoriser le réseau classique aux heures où celui-ci est peu utilisé. Plébiscités par les usagers, ils assurent des liaisons transversales à un tarif avantageux sans le coûteux détour par Paris. Les élus locaux soulignent leur absolue nécessité pour un maillage fin du territoire, permettant de desservir de petites et moyennes villes où le TGV ne prend plus le temps de s’arrêter. Or les trains de nuit font l’objet depuis plusieurs années d’un plan minutieux pour orchestrer leur suppression. Le président de la SNCF en parle déjà au passé et argue de leur faible taux de remplissage et de leur coût pour justifier leur disparition. Ces chiffres sont démentis par des taux de remplissages élevés sur les deux dernières lignes encore en service et par un rapport de la Cour des comptes qui souligne la très faible subvention des trains de nuits. Le financement pendant un siècle des lignes de train de nuit encore en service en France, serait moins coûteux que le seul financement de projet de LGV Bordeaux-Toulouse-Dax, chiffré à 9 milliards. La disparition complète des trains de nuit serait ainsi une catastrophe écologique car elle induirait un report modal des voyageurs vers l’avion et la route et conduirait à renforcer cette image d’une France à deux vitesses entre les grandes métropoles hyper-connectées et les autres territoires délaissés. Il lui demande donc quelles mesures son ministère compte prendre sans délai pour stopper la stratégie de démantèlement de la SNCF et pour donner aux trains de nuit la place qu’ils doivent occuper dans le cadre d’une politique des transports écologique et territorialisée.

La bataille du rail commence à l’Assemblée !

J’ai porté la position du groupe LFI à l’Assemblée pour la bataille du rail lors des discussions sur le projet de loi du gouvernement, destructeur pour les transports ferroviaires, ses agents, les usagers et l’environnement.

“Quand on achète un billet de train, ce n’est pas pour rémunérer un actionnaire !”

“La SNCF est malade de la concurrence qu’elle a elle-même organisée et d’un État qui l’a abandonnée. “

Le rail doit rester un service public pivot de l’égalité des territoires et de la transition écologique !

Retrouvez mon intervention en commission lors de l’audition de Guillaume Pépy