Accaparement de la ressource en eau par Vittel

Ma question écrite sur cet accaparement à des fins privées et commerciales

M. Loïc Prud’homme appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la situation des nappes phréatiques surexploitées par un groupe agroalimentaire dans le sud-ouest des Vosges, en particulier à Vittel. Le secteur Vittel-Contrex compte 3 nappes. Ce groupe détient un monopole d’exploitation sur 2 d’entre elles et exploite largement la troisième, qui sert également à l’approvisionnement quotidien en eau potable de la population locale. Cette troisième nappe connaît depuis 30 ans un déficit structurel de 1 millions de mètres cubes d’eau, soit exactement la quantité que ce groupe est autorisée à prélever. Son niveau a d’ores et déjà diminué de 10 mètres. Cela ressemble fortement à un accaparement de la ressource à des fins commerciales par un acteur privé au détriment de l’intérêt général. En effet, pour permettre à ce groupe de continuer à exploiter cette nappe, les pouvoirs publics locaux ont pour projet de mettre sur pied un système de transfert d’eau par pipeline sur des distances de 20 à 50 kilomètres. Si le coût environnemental, dont le risque certain, n’est pas encore estimé, le coût financier de l’ouvrage sera de 20 à 30 millions d’euros pour des travaux qui dureraient 20 ans. Pour maintenir sa position hégémonique sur ce territoire, ce groupe n’hésite pas à user du chantage à l’emploi. À cela s’ajoute une ambiance générale prêtant au soupçon de conflit d’intérêt : depuis 2016, une enquête préliminaire est ouverte contre une élue départementale et ancienne présidente de la commission locale de l’eau (CLE), démissionnaire, qui est également l’épouse d’un haut cadre de ce groupe. Il lui précise que ce projet de pipeline, contre lequel se mobilisent plusieurs associations locales et ONG, peut encore être évité. Il lui demande de faire respecter le droit des habitants, privés par ce groupe de leur accès à l’eau.

Bassines? Non merci!

Invité par le collectif Bassines non merci!, j’étais le dimanche 4 mars à Mauzé-sur-le-mignon à la marche des Pigouilles.

Les camarades de la France insoumise étaient présent.e.s à la marche des Pigouilles pour la préservation de la nappe phréatique du marais poitevin

Des bassines au service d’une agriculture dépassée

Le projet en cours consiste en la réalisation du creusement de 19 bassines destinées au stockage de 9 Millions de m3 d’eau pour l’irrigation agricole. Il est prévu de pomper de l’eau en hiver dans la nappe phréatique afin de la stocker dans des réserves – abusivement – appelées de substitution. Ces réserves vont servir à augmenter la capacité d’irrigation estivale de quelques agriculteurs producteurs de maïs, de semences et de légumes industriels.

Ne nous trompons pas, il ne s’agit en aucun cas d’un projet de substitution des pompages estivaux dans les rivières par une irrigation en provenance des bassines. Les pompages estivaux continueront pour 7,3 Millions de m3 d’eau contre 10,5 Millions de m3 d’eau en moyenne ces 10 dernières années. Les bassines existantes et en projets ajouteront à ce prélèvement quasiment 11 Millions de m3. Les prélèvements annuels vont donc passer de 12,5 actuellement à 18 Millions de m3 ! Même l’Agence Régionale de Santé ne s’y est pas trompée et dénonce cette augmentation des prélèvements !

Ce modèle agricole est dépassé. Nous savons tous pourtant qu’il est temps d’économiser l’eau au regard du changement climatique qui nous prévoit des étés de plus en plus chaud.

Nous savons que ces derniers hivers n’ont pas été assez pluvieux et qu’il est difficile pour les nappes phréatiques de se remplir comme il le faudrait pour notre consommation d’eau.

Il n’est pas sain, dans un territoire déjà en déficit, de mettre en place en hiver, les conditions qui accentuerons la pénurie en été.

Non à la mise en concurrence des différents besoins en eau !

Il n’est pas bon de mettre en concurrence les différents besoins d’accès à l’eau, que ce soit pour la boire ou que ce soit pour cultiver. Et que dire de l’accaparement par un petit nombre d’agriculteurs de plus de la moitié du prélèvement annuel d’eau destiné au secteur agricole ?! Ce n’est pas cette vision du monde que nous défendons à la France insoumise.

Nous ne sommes pas des utopistes, nous sommes rationnels. Je ne prétends pas qu’il faille arrêter toute irrigation. L’irrigation est bien entendu nécessaire pour la production agricole. Mais de quelle production agricole parlons-nous ? Est-ce bien raisonnable de produire du maïs ultra-irrigué, alors qu’à deux pas des Deux-Sèvres, dans le département de la Dordogne, les camarades d’agroBio Périgord sélectionnent des semences paysannes nécessitant une irrigation très mesurée ? Voire pas d’irrigation du tout.

Nous n’avons pas besoin d’une agriculture intensive gourmande en eau et en intrant chimique. Ce dont nous avons besoin c’est du développement d’une agriculture biologique de proximité et à taille humaine pour répondre à la demande grandissante.

Le vieux modèle productiviste de celui des bassines est celui d’un autre temps.

Oui à la sauvegarde de la biodiversité !

Ce projet de bassines est bien le symbole de la mise en concurrence des territoires. Les pompages pour remplir en hiver les bassines des Deux-Sèvres, de la Charente et de la Vienne, vont impacter la nappe phréatique commune partagée par tous ces départements. Cette nappe est celle qui alimente le marais poitevin.

La bonne santé de ce lieu de biodiversité, deuxième zone humide de France, dépend de la hauteur de la nappe. Le sur-captage de l’eau lié aux pompages hivernaux pour remplir les bassines va-t-il signer l’arrêt de mort de ce joyau de cohabitation entre une zone humide et des zones agricoles qu’est le marais poitevin ?

 

 

Pollution de la nappe phréatique d’Alsace par les déchets du site de StocaMine

Question restée sans réponse à Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire

M. Loïc Prud’homme alerte M. le ministre d’État, ministre de la transition écologique et solidaire, sur la pollution à venir de la nappe phréatique d’Alsace par le stockage de déchets ultimes très polluants et nocifs sur le site de StocaMine à Wittelsheim (département du Haut-Rhin). Les galeries creusées dans le sel gemme et situées à 550 mètres sous terre ont servi, de 1999 à 2002, à stocker 23 021 tonnes de déchets de classe 1 (résidus d’incinérateurs et de déchets amiantés) et 18 990 tonnes de déchets de classe 0 (terres polluées, déchets chromiques, arseniés, phytosanitaires, mercuriels). En 2014, une dépollution très partielle du site a été entreprise avec le déstockage partiel de déchets contenant du mercure. L’enfouissement pour un temps illimité des déchets restants a été acté par l’arrêté pris le 23 mars 2017 par le préfet du Haut-Rhin. Pourtant cet arrêté ne fait consensus ni parmi les élu-e-s ni parmi les habitant-e-s. En effet, les déchets toxiques, dont pour certains la nature n’est même pas connue précisément, ont déjà révélé par le passé leur dangerosité en engendrant un incendie sur le site en 2002. De plus, certaines galeries se sont effondrées. Le confinement des déchets dans les galeries et leur scellement dans du béton ne protègera pas l’ennoiement des galeries et à terme, la porosité du site de stockage avec la nappe phréatique d’Alsace sus-jacente. Cette nappe est la plus grande d’Europe et pourrait être irrémédiablement polluée par ces déchets toxiques. Il lui demande donc, tant qu’il est encore temps, de mettre en suspens le projet d’enfouissement illimité des déchets sur le site de StocaMine et de réétudier les autres possibilités concernant le stockage de ces déchets.