Retour sur la session extraordinaire avant la rentrée sociale

La session extraordinaire s’est achevée il y a une quinzaine de jours et la rentrée parlementaire se profile déjà, le moment est donc venu de revenir sur deux premiers mois de mandat intenses.

La manière dont fut conduite la session extraordinaire fût pour nous un symbole de l’antiparlementarisme que porte le Gouvernement en Marche. Au-delà des difficultés matérielles des débuts (pas d’ordinateur ni de collaborat-rice-eur-s), les cadences imposées ont été telles que nous n’avons eu que très peu de temps pour faire notre travail d’étude sur des textes pourtant fondamentaux ! Cela ne nous a pas empêché de déposer plus de 130 amendements autant de tentatives de bloquer l’habilitation à détruire par ordonnance le code du travail. Sur ce dossier, la bataille est loin d’être gagnée pour le Gouvernement. Nous attendons d’ici le 9 septembre la réponse de notre saisine du Conseil Constitutionnel et nous serons bien sûr tou-te-s ensemble dans la rue le 12 septembre pour appuyer l’appel des syndicats et le samedi 23 septembre pour montrer à Emmanuel Macron que les Français-es aiment les réformes lorsqu’elles sont justes et porteuses de bien-être social.

Jupiter nous avait promis une grande loi pour restaurer la confiance dans la classe politique sans jamais se questionner sur les causes de ce mal être démocratique. Le Groupe Parlementaire de la France Insoumise n’a eu de cesse de dénoncer les liens destructeurs entre les mondes de l’argent et la classe politique, ce sont ces liens qui déconnectent l’action publique et politique des citoyens. Nous avons porté dans l’hémicycle de nombreux amendements pour mettre fin à cette emprise de l’argent en luttant notamment contre les pratiques de lobby et de pantouflage. En vain, alors même que l’occasion leur était donné de faire sauter le verrou de Bercy, outil de complaisance envers les fraudeu-ses-rs fiscaux, les député-e-s en Marche ont préféré rester au pas et se sont contenté-e-s de mesurettes centrées uniquement sur les parlementaires.

Que dire de la majorité En Marche ? Elle paraît sans boussole, sans cap, la conduisant même à voter contre des articles qu’elle a elle-même proposé quand les chef-fe-s ne sont pas là pour lui dire quand lever le bras. Une majorité de robots donc, mais fragile et nous serons là pour semer la graine du doute et le vent de la contestation à chaque occasion !

L’été a également été marqué par la décision de Stéphane Travert, Ministre de l’Agriculture, de baisser les aides de la PAC à l’agriculture bio, mettant dans une grande difficulté des paysan-ne-s qui attendent pour certains le versement des aides de… 2015 ! J’ai à ce sujet interpellé le Ministre de l’Agriculture dans l’hémicycle lors de la séance des Questions au Gouvernement le 2 août, jour tristement symbolique du dépassement.

Lire la suite

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : LE PRINCIPE DE PRECAUTION ET L’INDEPENDANCE VIS A VIS DES LOBBYS SONT-IL OBSOLETES ?

PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : LE PRINCIPE DE PRECAUTION ET L’INDEPENDANCE VIS A VIS DES LOBBYS SONT-IL OBSOLETES ?

Lors de son audition en commission j’ai fait part au directeur de l’ANSES (l’agence qui guide les politiques publiques en matière d’alimentation) de mes préoccupations concernant les perturbateurs endocriniens et les nanomatériaux.

Quand on manque de connaissances scientifiques sur l’impact d’un produit pour notre santé ne vaut-il pas mieux, dans le doute, ne pas le commercialiser ? C’est en tout cas ce que préconise le principe de précaution mais c’est tout le contraire qui est appliqué pour les perturbateurs endocriniens et les nanomatériaux, présents partout dans notre quotidien. Sans doute est-ce préférable de prendre un risque d’exposition collectif plutôt que de contrarier de grands groupes industriels…

Lire la suite