Risques sur les populations de bivalves de l’abaissement de la taille de capture.

Interpelé par l’association de pêche à pied de loisir APP2R sur un arrêté récemment pris par le ministère de l’agriculture, j’ai adressé une question écrite à Stéphane Travert, le Ministre de l’Agriculture, pour attirer son attention sur les conséquences sur la population des coques et de palourdes de cet arrêté. Cet arrêté prévoit des tailles de captures abaissées pour ces bivalves, ce qui entrainera forcément une baisse dans le nombre de ces coquillages dans les années à venir. Pourtant, ces coquillages ne présentent pas une surpopulation qui justifierait cette décision.

Pêche à pied de loisir
Pêche à pied (crédit photo Pinpin – wikipédia France)

Question écrite parue au JO le 20/02/2018

M. Loïc Prud’homme attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation sur les conséquences du changement dans la taille minimale de capture des coques (cerastoderma edule) et des palourdes japonaises (ruditapes philipinarum) dans le cadre de la pêche de loisir.

L’arrêté du 15 janvier 2018 modifiant l’arrêté du 26 octobre 2012 déterminant la taille minimale ou le poids minimal de capture des poissons et autres organismes marins (pour une espèce donnée ou pour une zone géographique donnée) effectuée dans le cadre de la pêche maritime de loisir publié au Journal officiel le 19 janvier 2018, prend des dispositions qui s’avèrent préoccupantes pour l’évolution des populations de coquillages.

En effet, la capture d’individus plus petits, et donc plus jeunes, fera obligatoirement chuter le nombre de coquillages vivants, alors qu’aucune surpopulation de ces coquillages n’avait été décelée. De plus, il apparaît que les palourdes japonaises (ruditapes philipinarum) peuvent être confondues avec les palourdes grises d’Europe (ruditapes decussatus), entraînant potentiellement également une érosion du nombre d’individus de cette espèce, alors que la taille de capture légale pour cette espèce reste inchangée.

Palourde
Palourde (crédit photo Slm- Wikipédia France)

Cette nouvelle disposition va recréer la confusion chez les personnes pratiquant la pêche de loisir entre les espèces de palourdes qui existait avant l’arrêté de 2012. L’harmonisation entre les pratiques de pêche professionnelle et de pêche de loisir, à l’origine de cet arrêté, eut été possible en alignant les tailles de capture de la pêche professionnelle vers celles de la pêche de loisir et non l’inverse comme cela a été fait.

En abaissant la taille autorisée de capture pour certains bivalves, cet arrêté va à l’encontre des objectifs du développement durable (point 14 des ODD) proposés par l’ONU et que la France s’est engagé en 2016 à mettre en œuvre. C’est pourquoi il lui demande de revenir sur cet arrêté.

Voir la question écrite sur le site de l’Assemblée nationale