PERTURBATEURS ENDOCRINIENS : LE PRINCIPE DE PRECAUTION ET L’INDEPENDANCE VIS A VIS DES LOBBYS SONT-IL OBSOLETES ?

Lors de son audition en commission j’ai fait part au directeur de l’ANSES (l’agence qui guide les politiques publiques en matière d’alimentation) de mes préoccupations concernant les perturbateurs endocriniens et les nanomatériaux.

Quand on manque de connaissances scientifiques sur l’impact d’un produit pour notre santé ne vaut-il pas mieux, dans le doute, ne pas le commercialiser ? C’est en tout cas ce que préconise le principe de précaution mais c’est tout le contraire qui est appliqué pour les perturbateurs endocriniens et les nanomatériaux, présents partout dans notre quotidien. Sans doute est-ce préférable de prendre un risque d’exposition collectif plutôt que de contrarier de grands groupes industriels…

Et c’est d’autant plus difficile de se fâcher avec une multinationale quand on a travaillé pour elle. Le « Canard Enchaîné » nous révèle cette semaine que plusieurs experts en nutrition de l’ANSES ont travaillé pour l’industrie laitière (Danone, Nestlé, Lactalis…), et que l’agence est donc critiquée pour son manque d’indépendance vis-à-vis des lobbys de l’agroalimentaire. Mince, moi qui réclamais justement une étude indépendante de l’ANSES sur les nanomatériaux !

En ce moment à l’Assemblée on ne parle que de moralisation et de confiance dans la vie publique. Mais la vie publique ce sont aussi des experts qui produisent des recommandations en matière de santé et d’alimentation alors qu’ils sont en plein conflit d’intérêt et ont travaillé pour des lobbys peu sensibles aux questions de sécurité alimentaire.

De ceux-là, pas une ligne dans le projet de loi du Gouvernement Macron et pourtant nous l’avons bien épluché !