Nos hôpitaux sont-ils à vendre ? 200 personnes pour la réunion publique !

Ça a démarré par la clinique du Tondu. Puis à Pellegrin, au mois de décembre. Sous la pluie et sous le barnum posé sur le rond-point des grévistes, j’écoutais lors des AG les témoignages des soignants mobilisés. Les rythmes impossible à tenir, le manque de personnel et le dégout provoqué par le sentiment de mal-traiter les patients. De retour à la permanence, à chaque fois je proclamais publiquement mon soutien au mouvement, prévenais la presse et alertais  la ministre de la Santé (toujours pas de réponse d’ailleurs).

Au retour des vacances de noël, rebelote. Cette fois-ci c’est au CHU Saint-André dans le centre de Bordeaux, dont les urgences sont menacées de fermeture. A nouveau les témoignages de soignants, avec un autre profil, beaucoup s’engagent pour la première fois dans une lutte parce qu’ils n’en peuvent plus. Ils n’en peuvent plus des horaires, du manque de personnel et de formation, du couloir des urgences surchargé faute de soignants disponibles pour s’en occuper.

Tous ces soignants que j’ai rencontré sur les piquets de grève, dans les luttes étaient là jeudi soir. Pas seulement dans la salle mais à la tribune pour raconter leur hôpital : les difficultés à exercer leur métier dans des conditions dignes de leur vocation et des patients dont ils s’occupent mais aussi leurs propositions pour remettre l’humain au cœur de notre système de soin.

Infirmiers, cadre de santé en psychiatrie, syndiqués ou non, leurs témoignages ont résonné parfaitement avec l’état des lieux qu’a dressé ma collègue Caroline Fiat lors de cette même soirée.

Caroline on peut dire qu’elle connaît le sujet, elle était aide-soignante avant de venir porter la parole de ses collègues sur les bancs de l’hémicycle. Son constat est sans appel : toutes les mesures d’austérité imposées à l’hôpital depuis 30 ans ont mené celui-ci au burn-out. L’hérésie de l’hôpital- entreprise avec la tarification à l’acte et la concurrence entre établissements a mené à une politique du chiffre meurtrière pour les soignants et les patients.

La question fondamentale est celle des moyens mis, il faut un grand plan d’investissement pour l’hôpital public, accompagné d’un vrai débat de fond sur la prise en compte du vieillissement de notre société.

L’économiste  Matthieu Montalban, nous a permis de prendre un peu de recul pour comprendre comment nous en sommes arrivés à cette situation. Une logique de libéralisation conduite depuis 30 ans qui a fini par mettre notre santé dans les mains du capital avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui, où une pathologie peut « rapporter » plus qu’une autre. Et cette logique là,un soignant ne peut l’accepter.

Dans la salle, des mains se lèvent : des usagers du service public hospitalier, des défenseurs de l’hôpital Robert Picqué, des aides-soignantes en psychiatrie, des sages-femmes engagées, tous apportent leur contribution à l’état des lieux que les intervenants ont dressé à la tribune.

Ils sont en train de nous voler notre bien commun le plus précieux : notre santé. Mais la mauvaise nouvelle c’est qu’on ne les laissera pas faire.

A l’Assemblée, soyez assurés que je continuerai de porter inlassablement la parole des soignants et des patients, pour la défense du service public hospitalier. Le marché ne peut pas répondre aux besoins de soins de proximité, même l’Agence Régionale de Santé s’en est rendue compte après avoir constaté la désertification médicale dans nos campagnes. Car si la santé à un coût, elle n’a pas de prix.

Et notre première victoire c’est la réussite de cette soirée, et la solidarité qu’elle a suscité. Nous repartons tous avec des idées pour défendre notre service public contre ses fossoyeurs et avec une caisse de grève pour soutenir les soignants qui a permis de récolter plusieurs centaines d’euros, merci !