Moralisation de la vie publique ? Non. Complaisance pour les fraudeurs fiscaux !

C’est une semaine bien chargée qui s’achève à l’Assemblée nationale ! Le Gouvernement fait preuve d’un antiparlementarisme primaire en tentant d’accélérer les procédures d’examen de la loi, nous empêchant de faire correctement notre travail et en concentrant les mesures de « moralisation » sur les parlementaires quand le problème de confiance est bien plus vaste et nécessiterait de s’étendre au fonctionnement des milieux économiques et à l’emprise de l’argent sur la vie publique.

Le Groupe France Insoumise a musclé les débats et fait entendre des voix dissonantes en présentant des amendements ciblés contre l’influence délétère des lobbies dans les instances publiques et contre les pratiques de pantouflages qui usent à loisir des portes communicantes entre public et privé, créant des situations de conflits d’intérêt.

Mais il ne fallait pas s’attendre à être beaucoup suivi sur ces mesures par une majorité en Marche dont beaucoup de députés sont d’anciens représentants d’intérêts privés. On les imagine peu pressés de rendre publiques leurs déclarations d’intérêt ! Quant à la lutte contre les pratiques de pantouflages et la corruption de la politique par l’argent, ce n’est pas d’un ancien inspecteur des finances devenu banquier puis ministre de l’Économie que viendra la solution.

Le « verrou de Bercy » symbolise cet ancien monde, celui auquel refuse de mettre fin la majorité, celui qui pardonne les plus riches et asphyxie les plus pauvres. Ce verrou permet au Ministère de l’Économie de décider de manière totalement arbitraire si oui ou non des poursuites judiciaires seront engagées contre des grands évadés fiscaux qui coûtent la bagatelle de 80 milliards d’euros par an à l’État. Drôle de conception de la séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice… L’actualité vient illustrer ces pratiques : Google qui est sous la menace d’une condamnation à 1 milliards de redressement négocie avec M.Darmanin une amende de seulement 300 millions (- 66% quand même)…

Cette semaine, l’Assemblée a eu l’opportunité de faire sauter ce verrou à travers le vote d’un amendement porté par plusieurs groupes dont la France Insoumise. Mais les députés de la Majorité ont préféré des mesurettes symboliques plutôt qu’une véritable loi de vertu républicaine. Mais à quoi bon « moraliser » si l’on ne met pas fin aux mécanismes qui permettent la corruption de la vie publique et politique par les puissances de l’argent ?

En Gironde, nos voisins marcheurs sont restés au pas en votant pour le maintien du verrou. Il faut tout de même saluer le début de révolution dans la 10e circonscription avec un député qui s’est courageusement abstenu sur ce vote. Dès les premières semaines, nous avons l’illustration flagrante des préoccupations des élus de LREM, ce n’est pas d’eux que viendront de véritables mesures sociales pour mettre aux inégalités qui déchirent notre pays.

Je serais à nouveau toute la semaine prochaine dans l’hémicycle pour défendre en votre nom les idées portées par l’Avenir en Commun au côté des autres députés insoumis, avant quelques jours de vacances bien mérités !