Ce lundi j’ai ri (jaune)

Au lendemain de l’Acte X des gilets jaunes à nouveau très suivi dans les rues de Bordeaux, les titres qui défilent en boucle dans les radios du matin annoncent que désormais 26 milliardaires détiennent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de l’Humanité (source : étude OXFAM).

En creusant un peu j’apprends que ces cravatés et parfumés empochent 2,5 milliards d’euros supplémentaires chaque jour par rapport à l’année dernière.

Dans le même temps, Emmanuel Macron essaye d’éteindre l’incendie social en distribuant quelques centaines d’euros de prime par ci par là et demande aux français de débattre sur la suppression de services publics ou la couleur du papier peint.

J’ai cherché dans sa lettre aux français : pas de trace de milliardaires, pas de mention du CAC 40 ni de l’évasion fiscale pratiquée à l’échelle industrielle.

Pour trouver des milliardaires il fallait être lundi au château de Versailles, les patrons d’Amazone, Facebook, Pepsi, Uber et autres bienfaiteurs y étaient invités autour du Chef de l’Etat pour la deuxième édition du sommet “Choose France”.

L’étude d’Oxfam indique un peu plus loin que le nombre de milliardaires a doublé depuis la crise financière de 2008 et que « les riches bénéficient non seulement d’une fortune en pleine expansion, mais aussi des niveaux d’imposition les moins élevés depuis des décennies ».

2018 a également été un très bon cru pour les actionnaires du CAC 40 : ils ont récolté cette année 57,4 milliards d’euros de dividendes, ce qui représente plus que le budget de l’Education Nationale. Ils peuvent dire merci à Macron qui n’a pas ménagé sa peine pour supprimer l’ISF et plafonner la flat tax, il ne fallait quand même pas risquer que ce petit pécule se transforme en service public.

Ainsi ce n’est pas pour taxer les plus riches et financer les services publics, mesures défendues depuis 2 mois par les gilets jaunes, que Macron avait convié le gratin international ce lundi. C’était plutôt pour une séance de calinothérapie, pour les rassurer sur la situation en France et les encourager à créer des emplois (précaires) dans notre pays.

Qu’il se rassure, les grands patrons ont réaffirmé à Versailles “ne pas être inquiétés par les gilets jaunes”.

Grand bien leur fasse. Mais qu’ils prennent garde car quand les pauvres n’auront plus rien à manger, ils mangeront les riches.