Intolérables expulsions avant la trêve hivernale

Les jours précédents le début de la trêve hivernale se suivent et se ressemblent par les sordides témoignages d’expulsions de familles et de personnes isolées qui sont dépossédées de leurs toits ou campement de fortune et jetées à la rue sans solution de relogement. En début de semaine des maisons vidées de leurs occupants à l’aube, des familles sur le trottoir, hier un campement évacué, des caravanes enlevées. Ces exemples ne sont que l’illustration d’une réalité insoutenable alors que l’hiver est déjà là.

Faisant preuve d’un zèle excessif, les expulsions s’enchaînent avec le concours de la force publique, jetant à la rue des familles entières alors même que les capacités d’hébergement pour les demandeurs d’asile sont sous-dimensionnées et que le 115 n’a plus une place à proposer.  Ces décisions condamnent des enfants, des personnes malades ou âgées, des femmes enceintes à dormir dans la rue. Ces personnes ne peuvent compter que sur la solidarité des citoyenn.e.s qui pallient aux manquements de l’Etat.

Au-delà de cette volonté d’expulsion systématique c’est la méthode employée pour les mettre en œuvre qui interroge, celle de détruire ou d’emmener systématiquement ce qui aurait pu servir d’abri aux personnes en détresse, maison vide, caravanes, tentes. Ces pratiques produisent un éparpillement des familles, les rendant inaccessibles aux associations qui assurent un suivi sanitaire et social.

Je ne peux que dénoncer cette politique violente et court-termiste. Notre territoire est aujourd’hui le témoin d’une crise humanitaire, il est temps d’organiser l’accueil des personnes à la rue dans la dignité et non de profiter des quelques heures avant la trêve hivernale pour les condamner à un hiver dehors.