“Handicap : priorité du quinquennat” Macron, vraiment ?

Plusieurs personnes m’ont interpellées au sujet de la politique menée à destination des personnes en situation de handicap. J’ai donc décidé d’adresser à la secrétaire d’État chargée des personnes handicapées une question écrite pour alerter sur les mesures prises.

Le Gouvernement prétend faire du « handicap une priorité », néanmoins, ce n’est pas ce que les personnes concernées constatent dans la réalité. En effet, plusieurs éléments de la politique menée actuellement vont plutôt dans le sens d’une régression sociale.

  • En matière de logement, le projet de loi ELAN, prévoit d’enterrer l’obligation d’accessibilité de tous les logements neufs. Seulement 10 % de logements devront être accessibles aux personnes en fauteuil. Dans le seul parc social, seulement 2300 nouveaux appartements seront accessibles chaque année, soit un appartement pour 30 000 habitants. Cela est bien insuffisant, notamment si nous prenons en compte le vieillissement de la population.
  • En matière de vie quotidienne, le volume d’heures accordé aux personnes handicapées en fonction de leurs besoins en aides humaines, via la prestation de compensation du handicap (PCH), ne cesse de diminuer. La baisse de la présence d’une auxiliaire de vie réduit par la même l’autonomie des personnes en situation de handicap et contraint souvent les proches à prendre le relais.

  • En matière d’emploi, les personnes handicapées sont toujours deux fois plus touchées par le chômage (19%). La loi de 1987 en faveur de l’emploi des travailleurs handicapés impose aux entreprises occupant au moins 20 salariés, d’employer des personnes handicapées dans une proportion au minimum de 6 % de l’effectif total. Les mesures en vue du respect de cette obligation apparaissent tout à fait insuffisantes puisque le taux d’emploi effectif des personnes handicapées s’élève seulement à 4,4 % dans le privé et 5,5 % dans le public. De plus, la réduction drastique du nombre d’emplois aidés est un très mauvais signal quand on sait que 10% de ces contrats bénéficient aux travailleurs handicapés.

  • En matière de niveau de vie, les ressources financières malgré la revalorisation de l’allocation adulte handicapé (AAH) restent très faibles. Deux millions de personnes en situation de handicap vivent sous le seuil de pauvreté.

  • Et qu’en est-il en terme de mobilité ? Les transports adaptés reviennent très chers aux usagers et sont peu flexibles. Il faut commander les trajets plusieurs jours à l’avance. Quant aux transports en commun, encore faut-il pouvoir se rendre à l’arrêt, accéder à la gare : un grand nombre de chaussées ne sont pas du tout adaptées à la circulation des fauteuils.

A la France Insoumise, nous portons un tout autre projet : garantir l’autonomie par la solidarité ! Pour cela, il nous faut entre autre favoriser l’emploi des personnes en situation de handicap, leur permettre l’accessibilité partout, leur garantir un niveau de vie décent en augmentant l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) et répondre à leurs besoins quotidiens de l’accompagnement.