Glyphosate, Lobby de l’Agro-business et Agence européenne en recherche d’indépendance, un tiercé perdant pour les citoyen.n.e.s européen.n.e.s

Alors que l’Union Européenne s’apprête à voter le 5 octobre prochain sur le renouvellement de l’autorisation de commercialisation du Glyphosate pour 10 ans, ce pesticide identifié comme « cancérigène probable » par le centre international de recherche sur le cancer en 2015, est au cœur d’un scandale sanitaire qui révèle une fois encore l’influence délétère des lobbys de l’agro-industrie à Bruxelles.

Hasard du calendrier, dans une étude publiée vendredi, l’ONG Générations Futures nous révélait que du Glyphosate est présent dans la moitié de nos aliments. On doit la présence de ce pesticide cancérigène dans notre alimentation à l’autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) qui a autorisé à nouveau sa commercialisation en 2015 malgré les risques sanitaires et environnementaux évidents. Plusieurs journaux européens révèlent aujourd’hui que le rapport de l’AESA ayant permis l’autorisation de mise sur le marché a été rédigé en grande partie directement par le « Glyphosate Task Force » une charmante association de lobbyistes de l’agro-business piloté par Monsanto. L’AESA a tout simplement permis un accès direct au rapport avant sa publication à ce consortium de multinationales, chose qu’elle avait refusé aux ONG prétextant le respect de « l’intégrité du processus de décision ».

Cette découverte nous rappelle que le lobbying a des conséquences directes sur notre santé et celle de notre environnement. Il en va de même pour les conflits d’intérêts, ,46% des chercheurs de l’AESA ont des intérêts financiers dans l’agrobusiness, qui sclérosent notre démocratie. Le rétablissement de la confiance dans la vie politique passe par un encadrement strict du lobbysme et l’interdiction pure et simple pour des chercheurs en situation de conflits d’intérêts de prendre part à des recherches dans des agences publiques, on ne peut être à la fois juge et partie, il serait temps que l’Union Européenne le comprenne et cesse de fermer les yeux sur des scandales sanitaires pour protéger les intérêts commerciaux de l’agro-business.