Il faut agir pour protéger le bassin de Lacq et ses habitants !

 

Depuis plusieurs mois, les habitants de Lacq et ses alentours, dans le Béarn (département des Pyrénées-Atlantiques) souffrent de suffocations, maux de tête ou brulures cutanées.

Tout cela sans explication, ou presque : le site est un immense gisement d’hydrocarbure, principalement de gaz, qui a été exploité pendant près de 60 ans par ELF-Aquitaine puis Total après son rachat.

Les habitants et les anciens employés se mobilisent depuis quelques années pour connaître la vérité. Ils se battent quotidiennement contre l’État, l’ARS mais aussi des éus locaux, inactifs pendant des décennies entières face à un scandale sanitaire et industriel qui ne dit pas son nom.

Les associations environnementales, la SEPANSO 64 en tête, mènent ce combat sans relâche et ont été rejointes par un collectif de riverains et les Insoumis locaux. Les médias commencent à s’en faire l’écho.

Je les ai rencontrés à plusieurs reprises et défend leur cause à l’Assemblée nationale et auprès du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Je suis intervenu plusieurs fois dans l’hémicycle et en commission, notamment à l’occasion de la loi mettant fin à l’exploitation d’hydrocarbures pour dénoncer ce que personne ne semble vouloir voir.

Levée de bouclier immédiate d’une grande partie de l’Assemblée (de LR à LREM en passant par… David Habib, député PS de Lacq !) qui rejette mon amendement.

J’ai également proposé à Nicolas Hulot de l’accompagner sur place pour rencontrer les riverains. Chose à laquelle il ne s’est montré plutôt ouvert lors de nos débats, affirmant même qu’il prendrait « ses responsabilités. »

 C’était le 1er décembre. Je l’ai depuis relancé en lui faisant parvenir une question écrite, puis un courrier le 8 janvier. Je n’ai jusqu’à présent reçu qu’un poli accusé de réception de la part de son cabinet.

Depuis, les services de l’État, par la voie du préfet et du sous-préfet se montrent plus attentif à la question et ont annoncé vouloir les résultats d’une étude épidémiologique dans des délais brefs.

Les dernières études, stoppées en 2002, démontraient qu’une surmortalité avérée de 20 à 30 % autour du bassin. L’ARS a refusé pendant plus de 10 ans de diligenter la suite de cette étude. Elle ne s’y est résolue qu’après des rappels à l’ordre de la Cour des Comptes et de la CPAM en 2015.

Personne ne peut ou ne veut estimer les effets du cocktail de produits chimiques rejetés dans l’air, ni les industriels, ni les services de l’État dont certains n’ont pas les moyens de travailler, comme la DREAL.

Tout juste sait-on que des rejets dépassent très largement les limites. C’est le cas du Tétrachlorométhane dont les rejets ont été 7 fois supérieurs à ce que préconisent les standards européens.

En attendant, les habitants et les salariés sont laissés seuls face à leurs inquiétudes, leurs problèmes de santé et ceux de leurs enfants. Et c’est tout un territoire qui risque de mourir.