Communiqué de presse faisant suite à la visite du Centre de Rétention Administrative

Bordeaux, le 30 août 2017

Alerté par plusieurs associations (La Cimade Bordeaux , RESF 33, l’Institut de Défense des Étrangers), je me suis rendu ce mardi 29  août à 15h au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Bordeaux où 14 personnes retenues étaient en grève de la faim depuis le 23 août.

Je souhaitais me rendre compte personnellement de leurs conditions de rétention, j’ai pu m’entretenir avec eux et constater que la rétention administrative, où les délais sont bien plus contraints que pour des procédures normales, devrait être le dernier recours. Elle devient malheureusement la norme malgré les garanties de représentation produites.

Ces retenus qui ont fui la misère ou les persécutions dans leurs pays d’origine nous rappellent que les barbelés les plus solides, les murs les plus hauts, ne dissuaderont jamais des gens qui tentent d’échapper à la mort de rejoindre notre pays. Sept d’entre eux poursuivent aujourd’hui leur grève de la faim pour tenter de sortir de cette situation, au péril de leur vie.

Le Gouvernement, enfermé dans une logique de chiffres déshumanisante, ne semble pas s’émouvoir des  5000 morts en Méditerranée et refuse de s’engager à accueillir des demandeurs d’asile qui représenteraient 0,2% de la population européenne. S’il souhaite n’être qu’un gouvernement de piètres comptables, alors qu’il laisse la place à celui des humanistes : traiter correctement nos semblables est une nécessité pour rester humains, c’est de plus moins coûteux pour la collectivité.

Je demande au Préfet de Nouvelle-Aquitaine qu’il étudie à nouveau ces situations individuelles en laissant les moyens et le temps aux demandeurs retenus de compléter leurs dossiers hors de ce lieu de privation de liberté.