Nouveau ministre, vieille politique

Voici quelques jours que Nicolas Hulot a démissionné sur un constat simple : la cohérence générale des politiques gouvernementales est anti-écologique et empêche de répondre correctement aux défis posés par le changement climatique et l’extinction des espèces. Il a affirmé très clairement ce que nous pensons de longue date, à savoir que le libéralisme est incompatible avec l’écologie. Qu’il faut changer de modèle, et non se contenter d’aménagements à la marge ou d’insérer de petites touches vertes pour avoir l’air gentil quand en réalité on défend la finance et on écrase les pauvres.

Cette démission était un événement politique, sans aucun doute. Mais tout a été fait pour escamoter le contenu de ce qu’a dit l’ancien ministre et le faire passer pour une personne instable. L’attention médiatique s’est concentrée sur la succession sans mentionner les enjeux politiques majeurs qui sous-tendent la démission de Nicolas Hulot. Ce dernier n’a pas seulement « entaché la rentrée politique » du gouvernement. Son départ porte un coup à la prétention verte d’un gouvernement qui défend le vieux monde : toujours moins de régulations, toujours plus d’argent pour les riches, toujours moins de moyens pour l’Etat, toujours plus d’inégalités qui défont notre société. En dénonçant les lobbys au cœur même du gouvernement et de l’Elysée, Nicolas Hulot a mis en lumière l’impossibilité de mener une politique écologique à la hauteur des urgences.

Alors, aujourd’hui, fin du suspense : François de Rugy remplace Nicolas Hulot. Mais cette résolution du drame sans intérêt mis en scène depuis quelques jours laisse dans le même état la tragédie présente. Notre espèce court à sa perte. Nos dirigeants aggravent les facteurs de sa destruction. Bien que tout le monde ait connaissance de ce fait brut, les gouvernements continuent aveuglément à pédaler dans leur pauvre semoule.

Au lieu de ne cesser de se demander : qui ? La question essentielle aurait dû être : pourquoi faire ?

Des dizaines d’associations, de personnalités ont appelé Emmanuel Macron à changer de cap. Quelle est sa réponse ? Continuer en choisissant l’homme du reniement. Celui qui a soutenu Macron contre toutes ses promesses et qui, depuis un an déjà, a dû oublier jusqu’au souvenir de ses éventuelles convictions écologistes passées. Nicolas Hulot est un homme de bonne volonté. Ce qui tient lieu de volonté à François de Rugy tend vers un seul objectif : aller de poste en poste. Il ne fera pas de vague. Ces sauts de puce ne changeront rien au problème.

Nous continuerons, avec la France insoumise, à avancer nos propositions sérieuses qui reposent sur une conscience aigüe des enjeux écologiques. La règle verte que nous inscrirons dans la Constitution doit fixer un principe d’organisation pour le pays : notre organisation sociale et économique, dans toutes ses dimensions, doit intégrer la dimension écologique. Il ne faut pas prélever à la nature plus qu’elle ne peut renouveler en un an. Nous devons aller vers le 100% d’énergies renouvelables, la rénovation thermique pour lutter contre le gaspillage énergétique et faire en sorte que plus personne ne se chauffe pas en hiver. Tant d’idées sont sur la table, les constats comme les actions nécessaires sont connus. Nous sommes prêt.e.s à les mettre en œuvre.

En matière d’écologie, seuls le courage et la volonté politiques sont nécessaires. François de Rugy, tout comme la majorité présidentielle, ne possèdent ni l’une ni l’autre de ces qualités. Le vieux monde est en marche. Contre lui, nous sommes l’alternative à la faillite écologique et sociale de ce régime en crise.

Loïc Prud’homme et Mathilde Panot

Député-e-s France insoumise

Membres de la commission Développement Durable et Aménagement du Territoire de l’Assemblée nationale

Glyphosate, néonicotinoïdes : les abeilles en overdose !

Glyphosate, néonicotinoïdes : les abeilles en overdose !

Le modèle de production agricole chimique n’a plus de limite, il touche aussi le massif forestier régional en dépit des dégâts irréversibles sur la biodiversité.

J’apprends avec effroi et colère que du Glyphosate est massivement utilisé par des propriétaires forestiers indélicats afin d’accélérer la pousse et donc l’exploitation des pins. Cette pratique, même si elle est légale (sic!!) est techniquement discutable et écologiquement irresponsable : disparition complète de la flore de sous-bois et donc du biotope unique qu’elle constitue, empoisonnent de la micro-faune des sols ou encore pollution des nappes et cours d’eau. Les dégâts sont immenses et souvent irréversibles.

La disparition totale de la bruyère dans les forêts pulvérisées alerte les apiculteurs au moment même ou 5 molécules néonicotinoïdes « tueuses d’abeilles » seront interdites en France pour un usage en plein champs à compter du 1er septembre.

Je me félicite de cette première étape mais je tiens à préciser que ces interdictions  laissent encore un sacré « trou dans la raquette » ! En effet seules 5  molécules listées dans le décret du 30 juillet dernier sont interdites.

Si cette liste est plus restrictive que celle établie par la commission européenne le 27 avril 2018 qui n’en contenait que 3, elle exclue toujours les « nouveaux » néonicotinoïdes tels que le sulfoxaflor (Sulfoximine). La France Insoumise a pourtant agit pour les intégrer à la liste. En bref cette interdiction n’est que très partielle quand on sait notamment que ces nouveaux produits tels que le Sulfoxaflor ont vocation à remplacer les anciens produits aujourd’hui interdits, et qu’ils sont tout aussi mortels pour les abeilles et plus largement pour l’ensemble de la biodiversité…

Il devient urgent de sortir de ce modèle d’agriculture chimique qui nous mène au désastre. Pour les néonicotinoïdes comme pour le Glyphosate, s’il y’a des impasses techniques dans ce modèle alors faisons la seule chose raisonnable : demi-tour !!!

Le système pénitentiaire craque de partout

Le système pénitentiaire craque de partout

Les mobilisations du personnel pénitentiaire dans toute la France se poursuivent et les agents du centre pénitentiaire de Gradignan bloquent toute activité dans la maison d’arrêt. Ces protestations interviennent dans un contexte où l’ONU a une nouvelle fois dénoncé la France pour ses conditions inhumaines d’enfermement.

J’ai visité cet établissement à l’automne dernier et j’ai pu y constater les conditions de travail déplorables pour les agents de l’administration pénitentiaire : surpopulation de près de 200%, bâtiments vétustes, et le manque criant d’au moins 10 postes de personnel obligeant ces derniers à accumuler les heures supplémentaires. Aujourd’hui les établissements ne tiennent que sur l’engagement de leur personnel, en sous-nombre et sous-payé, ils n’en peuvent plus.

Face à cette juste colère, le Gouvernement n’a rien trouvé de mieux que de promettre la création de 15 000 nouvelles places de prisons. Ces mesures n’amélioreront en rien les taux de surpopulation carcérale et le Gouvernement le sait. Entre le 1er janvier 1990 et le 1er aout 2016, 21 892 places nettes de prison ont été mises en service, parallèlement, le nombre de détenus a augmenté de 23 399 et le taux d’occupation des établissements pénitentiaires est resté supérieur à 100 %. Sous couvert de nouveauté, le Gouvernement se contente d’appliquer les mêmes vieilles recettes dans l’urgence alors que celle-ci impose de revaloriser les salaires du personnel pour leur permettre d’exercer leur métier dans les meilleures conditions.

 Les réponses à la surpopulation carcérale ne peuvent être des mesures électoralistes et court-termistes, il faut sortir de cette logique du tout carcéral qui favorise la récidive, en développant massivement le recours aux peines alternatives en milieux ouverts, notamment pour tous les condamnés à des courtes peines. C’est avec cette vision de la justice que les députés de la France Insoumise ont visité depuis l’automne de nombreux établissements pénitenciers et multiplient les propositions pour des prisons dignes de notre République.