L’Enseignement Supérieur en France ou la sélection organisée par l’argent

À travers le nouveau décret « Bienvenue en France » s’appliquant à la rentrée prochaine, le gouvernement d’Emmanuel Macron a délibérément choisi de sélectionner par l’argent les étudiant.e.s extra-européen.ne.s en augmentant radicalement les frais d’inscription dans les universités françaises. En licence, ils ont été multipliés par 16, le coût passant de 170€ à 2770€. Même sort pour les étudiant.e.s en master : de 240€, l’inscription annuelle monte aujourd’hui à 3770€. Sous couvert de renforcer « l’attractivité » des universités françaises à l’international avec cette mesure, le gouvernement organise pleinement le tri économique et social des jeunes venu.e.s du monde entier pour étudier et cela, sans prendre en compte les disparités économiques importantes entre les pays européens et ceux du continent africain, asiatique ou sud-américain.

Les pirouettes du Ministère pour justifier le décret « Bienvenue en France »

Afin de pallier à la baisse du nombre d’inscriptions dans les universités françaises sur la plate-forme Campus France pour la rentrée 2019, le ministère utilise une nouvelle pirouette pour mettre en scène et justifier le bon sens d’un tel décret. C’est ce que relève deux professeurs de mathématiques de l’Université de Lorraine¹ : les règles de décompte des candidatures ont été volontairement modifiées afin de laisser croire à une stabilité dans le nombre de futur.e.s inscrit.e.s. De fait, les chiffres annoncés par le Ministère seront plus importants que ceux de l’an dernier, ayant pour conséquence directe la surcharge de travail pour les équipes administratives dans les établissements puisque un seul et même dossier pourra être traité plusieurs fois. En effet, les étudiant.e.s extra-européen.ne.s sont invité.e.s à effectuer trois vœux pour leur inscription en France. Auparavant, les réponses des universités étaient effectuées par vague, c’est-à-dire qu’une première réponse favorable valait une affectation et annulait les vœux restants. À partir du 1er avril 2019, les trois vœux émis par l’étudiant.e sont traités de manière simultanée par les établissements : chacun de ces vœux est comptabilisé comme une candidature, même si deux de ces trois vœux ne seront pas des inscriptions ! De fait, les chiffres officiels masqueront le nombre important de jeunes ayant renoncé à faire leurs études en France, faute de moyens. La malhonnêteté du gouvernement est aussi grande que la violence économique de ce décret.

Une injustice peut en cacher une autre

Toujours dans une même continuité, les INP (Instituts Nationaux Polytechnique) de quatre villes en France ont pour projet l’augmentation des frais d’inscription dans leurs écoles publiques. Celle-ci concernerait les étudiant.e.s extra-européen.ne.s mais aussi les jeunes européen.ne.s et français.es. De 600€ par année, le montant s’élèverait pour la rentrée prochaine à 2500€, soit une augmentation de 410 % ! Si les établissements sont des écoles, ces derniers sont bien soumis au Code de l’Education et inclus au Service Publique d’Enseignement Supérieur, qui porte bien mal son nom depuis quelques années.

Une intersyndicale réunissant étudiant.e.s et professeur.e.s à Grenoble a ainsi lancé une pétition² afin de contester cette augmentation des frais dans les INP de Grenoble, Toulouse, Bordeaux et Nancy. La France Insoumise Grenoble explique dans une vidéo la vocation et les détails de cet énième projet anti-social en direction de la jeunesse.

Pour le gouvernement en place, il faut désormais s’attaquer aux portefeuilles des plus modestes et les soumettre au salariat pour étudier ou les chasser purement et simplement des bancs des facultés et écoles françaises. Ce projet va à l’encontre des principes républicains d’un enseignement universel pour toutes et tous, quel que soit son origine sociale, ethnique ou son capital économique.

¹ https://blogs.mediapart.fr/le-rollier/blog/070419/le-ministere-de-l-enseignement-superieur-manipule-les-chiffres-de-campus-france

² https://www.change.org/p/fr%C3%A9d%C3%A9rique-vidal-non-%C3%A0-l-augmentation-des-droits-d-inscription-dans-les-%C3%A9coles-d-ing%C3%A9nieurs?signed=true

Lettre ouverte à Monsieur Didier Lallement, Préfet du département de la Gironde et de la Région Nouvelle Aquitaine

Ce samedi  je quittais tranquillement la manifestation des Gilets Jaunes de Bordeaux avec un ami, lorsque j’ai reçu plusieurs coups de matraques des forces de l’ordre. Celles-ci n’ont tenu compte ni de notre comportement entièrement pacifique ni de ma carte de député que je leur ai montré alors que la loi dispose qu’aucune contrainte physique ne peut s’opposer à la circulation et l’action d’un parlementaire.

Le Préfet de Gironde n’a pas tardé à réagir sur Twitter, pour soutenir entièrement les forces de l’ordre au mépris des faits et de la loi !

Retrouvez ci-dessous une lettre ouverte de la France Insoumise Gironde au Préfet et la pétition qui demande sa démission après de tels propos : https://www.mesopinions.com/petition/politique/agression-depute-loic-prudhomme-prefet-partir/61547

 

Fin du monde, fin du mois : même combat !

➡️ J’interpellais le 20 février les ministres et député.e.s de la majorité quant à leur désengagement généralisé et honteux en matière de protection de l’environnement et de climat. Nous devons remettre en cause la politique engagée qui ne permet en aucun cas d’allier les luttes écologistes et la lutte contre la pauvreté.

🌍 Les jeunes partout en Europe ont, quand à eux, bien compris l’urgence de la situation et les mensonges qui se cachent derrière les beaux discours des pouvoirs en place : ils s’organisent désormais afin de faire entendre leur voix à travers des grèves pour le climat tous les vendredis !