J’ai invité les cheminots et élu.e.s locaux aux 80 ans de la SNCF

Un petit choc à l’ouverture de ma boîte mail cette semaine en y découvrant une invitation de la part de Guillaume Pepy, dirigeant de la SNCF que je n’avais pas quitté en très bon terme suite à ses non réponses à mes questions lors de son audition devant la commission développement durable.
Est-ce une sauterie pour l’enterrement du statut des cheminots ? Un banquet en dernier hommage aux petites lignes du quotidien avant fermeture ? On sabre le champagne en avance, avant de passer la réforme de la SNCF par ordonnances ?
Soucieux de la réussite de cette soirée et d’apporter un événement positif au bilan de M. Pépy, je me suis assuré que les cheminots et élus locaux, premiers concernés, avaient bien reçu leur bristol. Si ce n’est pas le cas voilà qui est réparé.

Nous pourrons enfin avoir un débat public avec tous les acteurs, en dehors des salons feutrés et de la moquette épaisse du bureau des «dirigeants » de la SNCF. J’espère que la salle est réservée pour la nuit car les sujets à aborder ne manquent pas : Démantèlement du fret ferroviaire suite à l’ouverture à la concurrence, gestion calamiteuse des ressources humaines, concurrence « libre et non faussée » du routier avec des investissements publics 6 fois plus importants que pour le fer et l’emploi de conducteurs travailleurs détachés à 300 €/mois par Géodis 1er transporteur routier et…filiale SNCF.
Pour le champagne on attendra mais comme ils font une démonstration constante de leur amour de la route, je propose qu’on leur apporte du goudron…. et des plumes !.

Nos hôpitaux sont-ils à vendre ? 200 personnes pour la réunion publique !

Nos hôpitaux sont-ils à vendre ? 200 personnes pour la réunion publique !

Ça a démarré par la clinique du Tondu. Puis à Pellegrin, au mois de décembre. Sous la pluie et sous le barnum posé sur le rond-point des grévistes, j’écoutais lors des AG les témoignages des soignants mobilisés. Les rythmes impossible à tenir, le manque de personnel et le dégout provoqué par le sentiment de mal-traiter les patients. De retour à la permanence, à chaque fois je proclamais publiquement mon soutien au mouvement, prévenais la presse et alertais  la ministre de la Santé (toujours pas de réponse d’ailleurs).

Au retour des vacances de noël, rebelote. Cette fois-ci c’est au CHU Saint-André dans le centre de Bordeaux, dont les urgences sont menacées de fermeture. A nouveau les témoignages de soignants, avec un autre profil, beaucoup s’engagent pour la première fois dans une lutte parce qu’ils n’en peuvent plus. Ils n’en peuvent plus des horaires, du manque de personnel et de formation, du couloir des urgences surchargé faute de soignants disponibles pour s’en occuper.

Tous ces soignants que j’ai rencontré sur les piquets de grève, dans les luttes étaient là jeudi soir. Pas seulement dans la salle mais à la tribune pour raconter leur hôpital : les difficultés à exercer leur métier dans des conditions dignes de leur vocation et des patients dont ils s’occupent mais aussi leurs propositions pour remettre l’humain au cœur de notre système de soin.

Infirmiers, cadre de santé en psychiatrie, syndiqués ou non, leurs témoignages ont résonné parfaitement avec l’état des lieux qu’a dressé ma collègue Caroline Fiat lors de cette même soirée.

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Grève aux urgences de l’hôpital public Saint-André, soutenons-les!

Mercredi 10 janvier, je suis allé apporter mon soutien aux salarié.e.s des urgences de l’hôpital Saint André de Bordeaux.

Pétition de soutien aux grévistes
Deuxième semaine de grève aux urgences de l’antenne de Saint André du CHU de Bordeaux.

Je les ai rencontrés à leur piquet de grève qui est tenu de 12h à 15h tous les jours devant l’entrée des urgences.

Besoin criant de personnel

Les urgences ont besoin de 7 postes supplémentaires (infirmier.e.s et aides-soignant.e.s).

En attendant, le personnel est épuisé. Cette pression mise sur les soignant.e.s au nom d’économie budgétaire ne peut se faire qu’au détriment des patient.e.s, mais la santé n’est pas une marchandise ! Soigner dignement la population n’est pas un coût, mais une mission de service public !

Vous pouvez signer la pétition de soutien sur place, ou bien en ligne ici:
https://www.mesopinions.com/…/soutien-pesonnel-lutte-…/37697

 

Interconnexion électrique France-Espagne, encore un grand projet inutile.

En ce moment RTE (une filiale d’EDF) réalise une consultation publique sur l’interconnexion électrique France-Espagne par le Golfe de Gascogne. Ce projet prévoit de relier Cubnezais (Gironde) à Gatika (Biscaye – Communauté autonome du Pays Basque en Espagne) via une ligne de courant continu haute tension enterrée sous la mer dans le Golfe de Gascogne.

Le projet d’interconnexion France Espagne par le Golfe de Gascogne prévoit 280 km de câble sous-marin. Crédit photo RTE.

Un projet pour satisfaire les marchés, pas les usagers

Le but est d’échanger 2200 MW de plus entre la France et l’Espagne. Pourquoi vouloir cette liaison alors que l’interconnexion actuelle (2800 MW) est largement suffisante? Comment EDF justifie la construction d’une nouvelle ligne dans le Golfe de Gascogne pour un coût de 1.75 milliards d’euros ?

Interconnexion France Espagne via le Golfe de Gascogne: vente de l’électricité au niveau continental pour satisfaire les Marchés. Crédit photo Wikipédia.

Dans le dossier de concertation du 7 septembre 2017 le but annoncé de ce projet est qu’il permet de se rapprocher de l’objectif européen d’interconnexion électrique de 10% entre les Etats. Pourquoi 10% ? Encore un chiffre annoncé tel un fétiche, pour satisfaire l’Europe des Marchés. Ce projet d’interconnexion a été ficelé pour « contribuer à une intégration des marchés et à une concurrence accrue » du secteur de l’électricité comme nous l’apprend ce dossier de concertation. EDF dépense 1.75 milliards d’euros d’argent public pour satisfaire le libéralisme forcené de l’échange de l’électricité au niveau continental.

Un projet surtout au service du nucléaire

Les arguments avancés concernant « le renforcement de l’intégration des énergies renouvelables comme source de production d’énergie propre en réduisant la dépendance énergétique extérieure » laisse perplexe lorsque l’on sait que cette ligne va surtout permettre de vendre à l’Espagne le surplus de la centrale nucléaire de Blaye. C’est la seule solution que le lobby du nucléaire a trouvé pour essayer de se rendre indispensable au niveau européen alors que l’opinion publique française souhaite clairement une sortie de ce système dangereux pour nous et pour les générations futures !

Vous pouvez réagir contre ce grand projet inutile jusqu’au 18 janvier sur le site de la consultation publique sur le site http://www.golfe-de-gascogne.fr/