« Les associations de consommateurs sont des empêcheuses de tromper, polluer et frauder en rond »

Ne pas poser de question est le meilleur moyen d’obtenir une réponse !
Retrouvez ma question au gouvernement sur la baisse des financements aux associations de consommateurs. Fait rare, le ministre de l’Économie laisse entendre une petite ouverture dans sa réponse.

« 40 %.
2,2 millions d’€.
C’est la baisse de crédits que votre gouvernement a prévu pour les associations de consommateurs.
C’est-à-dire pour Que choisir?, pour l’INC, pour la Fédération nationale des usagers du train, pour l’Union nationale des associations familiales, et pour une quinzaine d’autres organisations.

Que pèsent ces 2,2 millions d’€ ? rien.
Oserez-vous plaider que, pour des sommes aussi dérisoires, il s’agit de « sauver les comptes publics », de « réduire les déficits » ?
L’oserez-vous alors que, avec la flat tax, avec la suppression de l’ISF, ce sont des cadeaux 100, 200, 300 fois supérieurs, que vous avez délivrés aux actionnaires.
Non ça ne pèse rien financièrement.

Mais ça pèse idéologiquement, cela en dit long sur vous.
Car que font ces associations ?
Elles sont des entraves pour les multinationales, des empêcheuses de tromper, de polluer, de frauder en rond.
Sur les perturbateurs endocriniens, sur les frais bancaires, sur les oeufs au fipronil, sur les victimes de la Dépakine, sur le nouveau Lévothyrox, sur le Médiator, sur les nanoparticules, sur l’obsolescence programmée, elles enquiquinent.

Elles embêtent les constructeurs automobiles, les champions de l’agroalimentaire, les ténors de la finance, les rois de l’industrie pharmaceutique.

Or, comme votre porte-parole, Christophe Castaner, l’a théorisé: « Il ne faut pas critiquer les entreprises qui réussissent. »
Et ici même, vous l’avez posé comme un dogme: « On ne doit pas dénigrer les entreprises françaises. »
Et c’est bien vrai, vous avez raison: ces associations critiquent. Elles dénigrent.
Certains diraient que, peut-être, ces petites voix dissidentes protègent un peu, si peu, contre la puissance des multinationales.

Il est bon pour l’économie française que vous les fassiez taire,
et les firmes s’auto-réguleront bien toutes seules.

Nous tenions donc ici à saluer la cohérence de votre projet, sans véritable question puisque, en général, vous n’y répondez pas… »