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Rentrée 2022 : le bord du gouffre !

Par Loïc Prud'homme 06 septembre 2022
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J’ai visité hier deux établissements scolaires de ma circonscription, le Lycée Polyvalent Vaclav Havel à Bègles et le collège du Pont de la Maye à Villenave d’Ornon, afin d’apporter mon soutien à l’ensemble de la communauté éducative en ce jour de rentrée. J’ai pu échanger avec des élèves, des parents, des enseignants, des membres du personnel et les équipes dirigeantes qui m’ont fait part des difficultés auxquelles ils étaient confrontés.

Au Lycée Vaclav Havel le problème majeur concerne le sur-effectif consécutif à la forte croissance démographique. Ce lycée, construit pour une capacité d’accueil maximale de 1434 élèves, en accueille aujourd’hui 1543, et plus de 1600 élèves sont annoncés pour les années à venir. Pour répondre à cette problématique aucune solution satisfaisante n’est proposée par l’état et la région alors que cette situation était largement prévisible. Pire, la politique de réduction des coûts menée par l’éducation nationale ne fait qu’amplifier le problème. Cette année, par exemple, la dotation globale horaire (DGH) de l’établissement reste stable (+ 3h) alors que les effectifs ont augmenté de 51 élèves. Pour ce qui est des locaux aucune solution n’est envisagée à court ou moyen terme pour accueillir ces élèves supplémentaires. En conséquence, les classes sont surchargées, la moyenne d’élèves par classe atteint 36 contre 30,2 à l’échelle nationale, et le lycée craque de toute part, l’ensemble des locaux est réquisitionné pour servir de salle de classe ce qui prive les élèves de salle de permanence ou d’accès au CDI et aux salles informatiques.

Au collège du Pont de la Maye j’ai été confronté à la même problématique. Les effectifs approchent ou dépassent les 30 élèves par classes sachant que ces chiffres ne prennent pas en compte l’inclusion des élèves en situation de handicap qui sont eux-mêmes en sur-effectif dans cet établissement. La loi a, en effet, fixé à 12 élèves la capacité maximale d’accueil des unités localisées pour l’inclusion scolaire (ULIS), ils sont déjà 16 en ce début d’année dans ce collège. A ces problèmes de sur-effectifs et d’inclusion scolaire s’ajoutent, dans cet établissement, la question de la vétusté des locaux. Ce collège, situé à proximité de la rocade, n’a pas été rénové sérieusement depuis plus de 25 ans. L’isolation thermique et phonique des bâtiments est clairement insuffisante. Les températures sont souvent supérieures à 30 degrés en été dans les salles de classe et les enseignants se trouvent dans l’impossibilité d’ouvrir les fenêtres sous peine de subir des nuisances sonores insupportables. Dans ces établissements les conditions d’enseignement et d’apprentissage sont sérieusement dégradées par le sous-investissement de l’état et des collectivités territoriales dans l’éducation. Je porterai, lors du vote du budget à l’automne prochain, un amendement pour que les moyens alloués à l’éducation nationale soient suffisants pour garantir des conditions d’apprentissage satisfaisantes à nos enfants. J’interpellerai également le conseil départemental pour demander que le collège du Pont de la Maye soit considéré comme prioritaire pour une rénovation globale.

Par ailleurs, dans les deux établissements visités les gestionnaires et cuisiniers m’ont alerté de l’impact de l’inflation sur les repas qui seront proposés aux élèves dans les mois à venir. A budget constant ils font en effet face à une flambée des prix des denrées alimentaires et n’ont d’autres choix que de rogner sur la quantité ou la qualité des repas servis aux élèves. Il est inconcevable que des élèves dont le repas à la cantine est parfois le seul repas équilibré de la journée aient à pâtir de cette situation. Je ferai remonter ce sujet à l’Assemblée lors du débat budgétaire à l’automne et je déposerai le cas échéant un amendement afin que l’état compense via les rectorats ces dépenses supplémentaires subies par toutes les cantines scolaires.

J’ai pu me rendre compte, lors de ces visites, que l’éducation nationale ne tient que par le dévouement et l’ingéniosité de tous les membres de la communauté éducative. Face à ce constat, je tiens à réaffirmer mon engagement à leur côté.

Loïc Prud'homme est député France Insoumise de la Gironde pour les communes de Bègles, Bordeaux Sud, Talence et Villenave-d'Ornon. Résolument engagé en faveur de la règle verte et de la transition écologique de notre société il siège à l'Assemblée nationale au sein de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Retrouvez sur ce site internet son travail dans l'hémicycle et en circonscription en faveur des services publics, de l'emploi local, de la justice sociale et de la transition écologique.

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